On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.
Nonfiction.fr- Comment voyez-vous la suite des évènements ? Comment faîtes-vous actuellement pour travailler et récupérer les informations nécessaires ?
Raouf Seddik- La suite des événements est encore difficile à discerner : je souhaite que le débat, désormais très ouvert, prenne une tournure qui nous éloigne de la sophistique et de la mauvaise foi de tous ceux qui n’ont pas d’autre arme pour s’inviter sur la scène publique. Et que le bien du pays, la dignité des Tunisiens, restent le plus important.
Khémais Khayati- On navigue à vue d’œil car l’instabilité sécuritaire a laissé place à un vide institutionnel difficile à combler. Le Tunisien moyen, s’il a un sens civique, manque selon moi d’une culture politique… Quant aux informations, on est toujours en train de les glaner comme on peut…
Hanene Zbiss- J’espère un retour au calme rapide et qu'on laissera le gouvernement provisoire faire son travail et préparer les élections. Certains pensent autrement et continuent à manifester. Ma peur principale est que cela nous mène vers le chaos. Nous sommes dans une période d'incertitude. Pour les informations, on contacte nos sources, on lit la presse internationale, on suit les chaines de télé et les réseaux sociaux et on va vérifier sur terrain.
Azza Turki- Pour l’instant, ma vision sur l’avenir est de l'ordre du très court terme. Nous travaillons encore à la minute près face aux retournements de situation quotidiens.
Nonfiction.fr- Quel vous semble être votre rôle aujourd'hui en tant que journaliste et en même temps acteur de la révolution tunisienne ?
Raouf Seddik- Mon rôle est de favoriser une évolution qui aille dans le sens des Tunisiens.
Rezgui Aymen- Continuer à militer aux cotés du peuple, faire parvenir l’information le plus fidèlement possible et combattre toutes les formes de manipulation médiatique. La presse libre et transparente est le garant du salut de la révolution et d’une société juste.
Khémais Khayati- Je me considère plus comme un observateur qu'un acteur du soulèvement. Si je peux y participer c’est en pratiquant mon métier le mieux que je puise faire… Le rôle du journaliste en Tunisie actuellement ne diffère pas de celui d’un autre journaliste où que ce soit dans le monde : faire son travail en respectant les exigences de la déontologie.
Hanene Zbiss- Dire la vérité, refléter les aspirations du peuple et avoir un oeil critique et vigilant sur ce qui se passe pour prévenir les débordements.
Azza Turki- Veiller sur les acquis encore fragiles de cette révolution et faire notre métier de journaliste : informer![]()
5 commentaires
l'exilé
Polo
khayati
khayati
observateur
M. Khayati : signataire du premier appel des 64 "personnalités" pour la réeeeeeeeeeeeeeeeeelection du dictateur en 2014.
Mme Zibiss et Turki : Votre hebdomadaire daté du 30 décembre 2010 contenait 10 pages laudatives sur le maire mafieux de la Goulette : Imed Trabelsi. Je cherche encore une marque de distance, un brin d'indignation, une mea culpa tardive. La fuite en avant est la meilleure manière de retrouver ses marques... anciennes !