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Critique à nonfiction.fr

La phrase

Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 

Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.

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Schumpeter et Galbraith : regard croisé sur deux économistes
[samedi 29 septembre 2007 - 18:00]
Profitant du cinquantième anniversaire de la parution du Nouvel Etat Industriel de John K. Galbraith et d’une nouvelle biographie de Joseph A. Schumpeter par Thomas McCraw (lire ici pour plus d'informations) qui fit beaucoup de bruit il y a quelques mois, l’historienne de la Révolution Industrielle Deirdre McCloskey   propose une belle comparaison entre ces deux économistes iconoclastes du XXème siècle. Elle compare les moments fondamentaux de leur parcours, depuis leur formation intellectuelle jusqu'à leur précoce accès au pouvoir. Schumpeter a été professeur puis ministre au moment du délitement de l’Etat austro-hongrois au début du XXème et Galbraith a étudié pendant la Grande Dépression puis été conseiller de Roosevelt et de Kennedy, le premier ayant gardé un scepticisme par rapport à l’action de l’Etat et le second par rapport à la régulation par le marché. Opposant le personnage schumpétérien de l’entrepreneur, moteur de l’innovation économique à celui du manager galbraithien gérant la technostructure immobile au service des riches, McCloskey en tire un point commun fondamental : l’un et l’autre pensaient que les économistes classiques avaient oublié le pouvoir et la conviction comme fondements des régimes économiques. Schumpeter pensait que la dynamique créatrice du capitalisme était économiquement efficiente, mais que le confort matériel anesthésierait ses soutiens politiques, glissant progressivement vers le socialisme ; Galbraith croyait que la publicité et les louanges à l’économie de marché étaient les principaux instruments qui faisaient supporter les inégalités les plus criantes. En faisant abstraction de l’habillage libertarien un peu caricatural, il faut absolument lire ce texte qui met brillamment en perspective ces deux économistes majeurs.

Martin Kessler


Deirdre McCloskey, "Creative Destruction vs. New Industrial Capitalisme", reasononline.com, 7 pages (Anglais) Pour accéder à l'article cliquez ici.
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