La phrase

Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS.

Jacques Julliard, entretien à  nonfiction.fr

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Que faire des riches ?
[lundi 29 novembre 2010 - 23:00]
Sociologie
Couverture ouvrage
Le président des riches. Enquête sur l'oligarchie dans la France de Nicolas Sarkozy
Éditeur : Zones/La Découverte
222 pages
Résumé : Les sociologues de la bourgeoisie livrent une analyse passionnante des affaires de la présidence Sarkozy, et invitent à repenser la guerre des classes.
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Or, toute la politique économique, et en particulier fiscale, du gouvernement sera ensuite dirigée vers la classe à laquelle appartiennent ces invités. Le chapitre deux recense ces mesures, en particulier la première qui fut mise en place, le bouclier fiscal. L’argumentation du Président use alors de deux rhétoriques éprouvées : la crainte de l’exil fiscal, et le populisme de la valeur fondamentale du travail. "Travailler deux jours et en donner un à l’Etat", clame-t-il, ignorant volontairement que les revenus qui sont soumis au bouclier fiscal sont pour la plupart des revenus du capital, et non du travail… Les auteurs constatent alors que la protection qu’accorde ce bouclier est très inégale. Une seule personne, Liliane Bettencourt, bénéficie d’un remboursement de 17 millions d’euros, soit 5% du dispositif. Il s’agit ainsi de préserver le capital hérité des grandes familles – la réforme des droits de succession est l’autre grand chantier fiscal du gouvernement Sarkozy – et de protéger les plus riches de toute hausse ultérieure des prélèvements : la charge pèsera sur le reste de la population, au mépris de la fonction redistributive de l’impôt. Le chapitre suivant présente d’autres mesures dirigées vers les élites économiques. La suppression de la publicité sur la télévision publique, par exemple, est une idée défendue depuis longtemps par TF1, qui accuse ses compétiteurs publics, bénéficiant de la redevance télévisuelle, de concurrence déloyale. Le pouvoir politique reprend par ailleurs la main sur cette télévision en nommant directement son directeur.

Le constat cruel que font alors les auteurs est celui de l’hétéronomie de la sphère politique, de plus en plus dépendante des puissances financières. Ils développent plus loin une analyse du double discours présidentiel sur les paradis fiscaux et le sauvetage des banques. Dans le premier cas, un effet d’annonce a suffi à désamorcer le scandale, mais ces paradis demeurent actifs et continuent de camoufler, entre autres exemples, les profits des entreprises françaises. Dans le second, l’Etat s’est endetté pour sauver de la faillite des banques qui désormais réalisent un profit sur ce même déficit, et cela sans qu’aucune contrepartie en termes, par exemple, de gouvernance financière, n’ait été accordée. Le discours de responsabilisation des institutions financières qui a accompagné ces mesures est donc en contradiction avec la réalité de l’action politique.

C’est cependant quand ils décrivent ce qu’ils connaissent le mieux, la vie des classes dominantes, que les auteurs sont les plus mordants. Ils montrent où et comment se fondent et se perpétuent ambitions et pouvoirs : par exemple, dans les quartiers privatisés du XVIe arrondissement parisien. Séparés du reste de l’espace urbain, ces lieux sont des ghettos dorés où est cultivé l’entre-soi. Les sociologues reviennent alors sur les affaires qui ont concerné directement le président, comme la mutation d’un préfet manquant de diligence et n’ayant pas appuyé suffisamment un projet de tout-à-l’égout dans la résidence de la famille Bruni au Cap Nègre. Mais ils proposent surtout une promenade sociologique le long de l’axe historique qui relie le centre de Paris à Versailles, et concentre les beaux quartiers de la capitale et de sa banlieue. Ils s’attardent en particulier sur la gestion exclusive de la ville de Neuilly (par exemple par la non-application de la loi sur les logements sociaux), ou sur les luttes d’influences autour de La Défense, et notamment les tentatives répétées de déposséder Nanterre, seule commune populaire du projet, du centre d’affaires.
Samuel COAVOUX
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Titre du livre : Le président des riches. Enquête sur l'oligarchie dans la France de Nicolas Sarkozy
Auteur : Michel Pinçon, Monique Pinçon-Charlot
Éditeur : Zones/La Découverte
Date de publication : 09/09/10
N° ISBN : 978-2355220180
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5 commentaires

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Jean Leonguy

07/01/11 23:50
Dominant / Dominé : ce serait plus compliqué que ça ? On a toujours cherché à nous le faire croire. Au contraire c'est très simple et très clair et depuis toujours.
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sc

01/12/10 09:29
@Ludo : merci de la suggestion, le lien est dans l'article
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bof

30/11/10 23:45
Ah ! que serait-on sans ce couple formidable de sociologues retraités coincés dans leurs schémas des années 60... dominants/dominés... si seulement la réalité était aussi simple(tte).
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broke

30/11/10 17:19
"Ça n'est pas pour apprendre des faits", "du même acabit"...
Heureusement que l'auteur de l'article est normalien. On se doute bien qu'il ne prépare une thèse de lettres classiques, mais tout de même...

Peut-être "non-fiction" devrait-il s'adjoindre les services d'un relecteur avant de publier brut des articles aussi mal écrits.
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Ludo

30/11/10 09:29
Il faut (aurait fallu) signaler que le livre est disponible gratuitement sur le site de l'éditeur.
http://www.editions-zones.fr/spip.php?id_article=116&page=lyberplayer

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