Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS. 
Jacques Julliard, entretien à nonfiction.fr

Dennett accepte cette compatibilité entre croyance en Dieu et évolution mais il conteste la pertinence du théisme qui viendrait s’ajouter gratuitement aux théories de l’évolution sans bonnes raisons. Pour défendre ce point, Dennett montre qu’il n’y a pas plus de raison de croire que le théisme apporte quoique ce soit à la compréhension de l’évolution que l’hypothèse de Superman. Imaginons que Superman venant d’une autre planète intervienne dans l’évolution des espèces pour favoriser l’apparition des êtres humains. Cette théorie, le Supermanisme, est aussi compatible avec les théories de l’évolution tout en étant un ajout frivole qui ressemble pourtant énormément à l’ajout du Dieu du théisme. Si la compatibilité du théisme et de la science est à ce prix, alors on peut avoir des doutes très sérieux sur le théisme. Et Dennett d’ajouter qu’il faut bien reconnaitre que les scientifiques sont, en général, naturalistes par leur pratique scientifique. Ils ne sont pas neutres par rapport au théisme comme le prétend Plantinga, quand bien même ils ne se sentent pas obligés, à chaque énonciation d’une loi de la nature, de préciser une clause comme "à moins que Dieu n’intervienne dans le processus". Tacitement, la pratique de la science est naturaliste même s’il n’y a pas d’incohérence entre la croyance que Dieu existe et l’adhésion aux résultats des sciences.
Sur ce point, la question est finalement de savoir si la science est naturaliste par méthode —Dieu n’est pas mentionné car, s’il existe, il n’intervient pas sans cesse et arbitrairement dans le cours de la nature, ou bien si la science est naturaliste car liée à une ontologie naturaliste —Dieu n’est pas mentionné car il est présupposé avec raison que Dieu n’existe pas.
L’imagination philosophique et ses limites
Le débat prend, par moments, une tournure presque métaphilosophique. Plantinga conteste fermement que la comparaison du théisme et du Supermanisme soit pertinente car, bien que les deux hypothèses soient cohérentes, l’une est fantaisiste et invente une personne peu plausible (un homme vivant suffisamment pour suivre le cours de l’évolution et ayant un pouvoir d’actions jamais vu) tandis que l’autre est une vénérable hypothèse métaphysique. C’est ce dernier point que Dennett conteste. Le théisme repose sur l’imagination d’un être aussi peu crédible pour celui qui connait les sciences qu’un Superman guidant l’évolution. Le théisme serait en réalité une idée née à une époque où le progrès de l’esprit humain n’était pas suffisant pour ne pas apparaitre comme fantaisiste, mais justement, il y a eu progrès. La réplique de Plantinga pose alors la question de l’usage philosophique des analogies et des intuitions : l’hypothèse théiste est-elle parfaitement ridicule ou de toute évidence sérieuse?
Pour montrer le sérieux de l’hypothèse, Plantinga se voit contraint de rappeler que la croyance théiste affirme l’existence d’un être nécessaire, essentiellement omniscient, omnipotent, bon etc., ce qui relève d’un travail conceptuel classique en philosophie. Pour que Superman soit à la hauteur de Dieu, il faudrait augmenter ses pouvoirs mais aurait-on encore affaire à Superman ? Soit Dennett imagine un Superman qui est Dieu et Plantinga acquiesce, soit Dennett imagine un Superman qui n’est pas Dieu et cela ne prouve plus rien. À l’inverse, Dennett souligne que Plantinga semble manquer d’imagination car son principal argument semble supposer que l’évolution n’a pu suffire pour produire un cerveau capable de trouver des vérités de manière fiable. Plantinga ne peut l’envisager alors que, pour Dennett, tout montre que tel est le cas. On se situe ici au cœur du problème de toute disputatio philosophique : la question des évidences premières, des principes premiers qui peuvent varier d’un philosophe à l’autre.
6 commentaires
Un des noms du Livre
voilà une étrange manière de dire et qui est la vôtre , sauf à ce que vous excipiez d'une citation : parce que le modeste ordinateur sur lequel j'ai lu votre article et sur lequel j'écris ceci est une machine et son contenu est assurément sémantique -même si c'est caractériser de manière resserrée ce contenu: une telle machine N 'est DONC PAS impossible ni à concevoir, ni à réaliser, ni à utiliser !