La rentrée politique américaine vue par la blogosphère
[lundi 06 septembre 2010 - 12:00]
Qui sont les électeurs ?
Au-delà de cette obsession rooseveltienne, qui illustre comment un pan très important de la gauche américaine semble engluée dans un paradigme vieux de 80 ans, d’autres blogueurs appréhendent les élections de novembre en essayant de comprendre les préoccupations de l’Amérique du XXIème siècle. Ici, la démographie joue un rôle essentiel.
A gauche, certains blogueurs tentent de se rassurer en montrant que le dynamisme démographique est du côté du Parti démocrate (on peut d’ailleurs constater de manière ironique que John B. Judis lui-même n’a pas toujours joué le rôle de Cassandre que l’on vient de décrire, puisque cette théorie démographique optimiste pour la gauche américaine était au cœur de l’un de ses livres les plus célèbres,
The Emerging Democratic Majority, publié en 2002). Ainsi, sur le site de
The American Prospect, Jamelle Bouie rappelle comment les statistiques montrent que le parti républicain est le parti d’une Amérique en voie de disparition :
"In the least surprising survey result ever, Gallup finds that non-Hispanic whites make up the vast majority of the Republican coalition [Dans ce qui est le résultat de sondage le moins surprenant de l’histoire, Gallup vient de montrer que les blancs non-hispaniques composent la grande majorité des rangs républicains] . […]
I think it's far more important to note the significant advantage Republicans have among older voters ; 57 percent of whites age 45 and older voted for John McCain in 2008, and older whites form the vast majority of the conservative grassroot [Il est important de remarquer l’avantage significatif qu’ont les Républicains parmi les électeurs les plus vieux ; 57% des blancs âgés de plus de 45 ans ont voté pour McCain en 2008, et les blancs les plus vieux sont la vaste majorité de la base conservatrice].”
La blogosphère de droite réfute de telles analyses. Elle se base pour cela sur un article du
New York Times décrivant une grande désaffection des jeunes pour Obama, alors que la cohorte des 18-29 ans avait largement voté pour lui en 2008. Sur le site de la très conservatrice
National Review, Katrina Trinko, se réjouit de cet inattendu développement :
"For young adults, Obama is no longer the hipster-in-chief [pour les jeunes adultes, Obama n’est plus le ‘mec cool en chef’].
Maybe it’s because of the persistent unemployment : 19% in July for 16- to 24-year-olds. Maybe it’s because they just realized that Obamacare likely means colleges will no longer be able to offer affordable health-care. Or maybe it’s because Lady Gaga now has more Facebook fans than Barack Obama [Peut-être que c’est à cause du chômage persistent : 19% en juillet pour les 16-24 ans. Ou peut-être parce qu’ils ont réalisé que la réforme du système de santé allait signifier que les universités ne pourront plus leur offrir des assurances santé à des prix raisonnables. Ou c’est peut-être parce que Lady Gaga a maintenant plus de fans sur Facebook que Barack Obama]. […]
Of course, there’s still considerable support for Democrats among young adults. But it’s no longer a 70/30 split: it looks like it’s now more about 55% leaning Democrat and 30, 35% leaning Republican [Bien sûr, les jeunes restent largement démocrates. Mais ce n’est plus une coupure 70/30, c’est plutôt 55% pour les Démocrates, et 30-35% pour les Républicains].
That means about 15% of young adults are up for grabs, giving the GOP a chance to make the case to them that free enterprise and lower taxes will improve economic opportunity for all [Cela veut dire qu’environ 15% des jeunes sont indécis, ce qui laisse aux Républicains une chance de leur démontrer qu’un système de libre entreprise et de fiscalité basse peut améliorer la situation économique de tous].” Indépendamment de la pertinence des promesses républicaines, le fait même que cette génération de jeunes américains (génération que la presse, la blogosphère et les politologues annonçaient en 2008 comme une immense vague politico-démographique qui ferait basculer pour des décennies le paysage électoral américain vers la gauche) semble, moins de deux ans plus tard, prête à tourner la page Obama montre bien que le pessimisme et la sévérité de Judis sont malheureusement justifiés
A lire aussi sur nonfiction.fr :
- "Etats-Unis : la blogosphère américaine joue avec le feu", par Françoise Coste.
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hadini