On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

La dernière partie est consacrée aux questions des ouvertures et des frontières. Dans un premier temps, le sujet de la littérature de jeunesse dans les établissements scolaires marocains est abordé. On découvre que la production est divisée en deux parties. D’un côté, une production classique bon marché, très peu travaillée, qui comporte des défauts physiques et des erreurs dues à l’absence de relecteurs. D’un autre côté, une production moderne, beaucoup moins abordable au niveau du prix, mais beaucoup plus soignée. Cette production-là est prise en charge par l’Éducation nationale. Cette division si prononcée de la production freine l’édition jeunesse au Maroc. D’autant plus qu’avec les nouvelles technologies de l’information, le livre peine à trouver sa place.
Marie-Joëlle Letourneur s’intéresse à l’édition bretonne. Au départ, la volonté des éditeurs jeunesse bretons est d’affirmer la langue et la culture régionales. Les éditeurs bretons reçoivent le soutien de l’État et de la région. Malgré cela, l’édition jeunesse bretonne est un secteur très fragile et très peu visible. Sur une production bretonne annuelle de 1 500 titres, seuls 100 titres sont des ouvrages pour la jeunesse. Les nouvelles maisons d’édition bretonnes semblent alors abandonner l’aspect militant en publiant des ouvrages ludiques, pédagogiques, sans aborder le sujet de la Bretagne.
L’universitaire Françoise Nicol s’interroge sur les livres d’artistes pour la jeunesse. Après enquête, elle démontre que peu de spécialistes intègrent le critère de livre d’artiste à la littérature jeunesse. Pourtant, des éditeurs ont donné carte blanche à des artistes au sein de leurs collections jeunesse. La présence de ces livres est pourtant très marginale, ce qui est dommage quand on considère leur caractère universel.
Pour conclure, cette étude montre combien la situation de l’édition jeunesse dans les pays francophones est fragile. La concurrence du cousin français, l’image très fortement symbolique des éditeurs parisiens et l’influence anglo-saxonne laissent peu de place au développement d’une culture locale et régionale. En abordant la question de la production mais aussi de la position des éditeurs et des auteurs, ce livre permet un large panorama de la question. Cependant, certaines études s’éloignent du sujet malgré leur grand intérêt. La question du livre d’artiste ainsi que la question des circulations des auteurs entre littérature générale et littérature jeunesse n’apportent pas tellement de réponses à la problématique initiale, à savoir le positionnement des éditions pour la jeunesse dans les pays francophones face à la mondialisation![]()
1 commentaire
Ptolémée
Vous serez peut-être intéressée par un ouvrage paru aux mêmes éditions, et traitant un sujet similaire : http://www.neoprofs.org/comptes-rendus-de-lecture-f54/compte-rendu-figures-du-social-dans-la-litterature-de-jeunesse-francophone-par-kodjo-attikpoe-t14462.htm
Merci à vous !