La phrase

Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS.

Jacques Julliard, entretien à  nonfiction.fr

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Qu'est-ce qui existe ?
[vendredi 02 juillet 2010 - 16:00]
Philosophie
Couverture ouvrage
Ontologie
Éditeur : Editions d'Ithaque
192 pages / 14,25 € sur
Résumé : Achille Varzi ouvre la porte sur la grande variété des domaines et des méthodes développées en ontologie.
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Le premier chapitre   questionne l’objet de l’ontologie. Husserl distinguait et opposait l’ontologie formelle, qui s’intéresse à "l’être en tant qu’être" à l’ontologie matérielle qui se réfère à des secteurs spécifiques de la réalité ou de leur représentation dans certaines théories (physiques, mathématiques, etc.). Le travail en ontologie ne peut se réduire, selon A. Varzi, à n’avoir à établir qu’un inventaire calqué sur sa seule dimension matérielle : "La dimension formelle de l’ontologie – dans la mesure où elle tend à identifier les principes et structures ultimes d’après lesquels l’univers est nécessairement organisé, ou mieux les structures et principes ultimes d’après lesquels est organisé un univers possible quel qu’il soit – constitue actuellement un champ de recherche très fécond"  .

Mais revient-il au philosophe de dire quelles entités existent réellement ? Ne devrait-il pas plutôt se contenter de clarifier les significations des termes qui apparaissent dans l’inventaire du mobilier que dressent les sciences ? Et puis, peut-on vraiment séparer les questions entre ce qui est et qu’est-ce-que c’est ? Lorsque le physicien dit qu’il y a des quarks, il dit aussi quel genre de choses sont les quarks. Mais, réplique Varzi, à l’instar de P. van Inwagen (1998), l’inventaire que doit faire l’ontologie n’est pas un recensement de tous les habitants du monde, mais consiste plutôt à construire une liste des types d’entités. C’est ainsi que les catégories très générales correspondant aux termes comme "objet", "propriété", "événement", "classe", "proposition", plutôt que "quark" focalisent l’attention du philosophe ontologiste.

Le débat qu’ouvre A. Varzi, dans ce premier chapitre, est soutenu par le point de vue que l’ontologie, en cherchant à nous dire si certaines entités existent, est préliminaire à la métaphysique dont le travail consiste, selon lui, à en spécifier la nature. Ainsi, après avoir établi qu’il existe, par exemple, des objets matériels et des propriétés, il faudrait chercher ce que sont ces objets et ces propriétés. Les divergences métaphysiques alors ne manquent pas. Elles concernent les conditions d’identité de ces objets, leur persistance dans le temps ou encore leurs propriétés essentielles. Mais de tels désaccords métaphysiques n’entraînent-ils pas des différences ontologiques ? L’objet est-il un simple porteur de propriétés (Locke) ou un faisceau de propriétés (Castañeda) ? On pourrait aussi soutenir la thèse tridimensionnaliste (Lowe) pour laquelle les objets matériels sont des objets en trois dimensions, des entités durables, qui peuvent certes changer qualitativement tout en restant numériquement identiques. Ou bien soutenir le quadridimensionnalisme (Quine et Lewis) pour lequel les objets s’étendent dans le temps et dans l’espace. Mais l’ontologie peut-elle se limiter à asserter l’existence de certaines entités ? Peut-on parler dans ce cas de disputes purement métaphysiques ?

A l’inverse de la position soutenue par A. Varzi, certains philosophes soutiendront que la recherche ontologique ne peut procéder à l’aveugle (Thomasson). A. Varzi laisse alors entrer toutes les objections à la thèse du préliminaire ontologique, en évalue les arguments et nous montre, alors qu’aujourd’hui on use du terme d’ "ontologie" avec abondance, que le problème présente de nombreuses facettes. Enfin, il réserve un traitement à part à l’usage du terme qu’en fait l’herméneutique héritée de Heidegger et une forme de réalisme héritée de Hartmann. Si l’herméneutique, en intégrant l’ontologie à la phénoménologie, la réduit à une "analyse d’un mode de donation" de l’être à un sujet, rendant ainsi impossible la capture du "sens" profond de l’être, le réalisme de Hartmann, défendant l’hypothèse d’une réalité stratifiée en "niveaux de réalité" marque, quant à lui, une autre impossibilité, celle de pouvoir "rapporter chaque chose dans le monde à un dénominateur commun"  .

Enfin, revenant sur la distinction faite par Husserl d’une ontologie formelle et matérielle, A. Varzi conclut le premier chapitre en distinguant l’ontologie formelle comme algèbre et comme logique. Comme algèbre, l’ontologie se tourne vers l’être dans toutes ses manifestations possibles. L’ontologie formelle, suivant en cela B. Smith (1995), est au monde ce que la logique formelle est aux théories du monde. L’ontologie formelle ferait alors face à la réalité comme la logique formelle fait face à la vérité. Quant à l’ontologie formelle comme logique, citant Łeśniewski et Quine, l’auteur nous présente une convergence des techniques formelles propres à la logique avec l’ontologie classique.

François LOTH
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Titre du livre : Ontologie
Auteur : Achille Varzi
Éditeur : Editions d'Ithaque
Date de publication : 02/07/10
N° ISBN : 2916120114
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