Rédacteur

Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

C N L

CNL
Sahara Occidental : vers une solution du conflit, enfin ?
[jeudi 01 juillet 2010 - 09:00]
Afrique-Maghreb
Couverture ouvrage
Autonomie au Sahara. Prélude au Maghreb des régions
Abdelhamid El Ouali
Éditeur : Stacey International
Résumé : Une réflexion stimulante sur l’avenir d’une crise qui empoisonne les relations entre les deux principaux pays du Maghreb depuis plus de trente ans.
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En ce qui concerne la troisième et dernière partie, c’est précisément à cette solution qu’Abdelhamid El Ouali se consacre. En montrant comment le Maroc a été largement inspiré dans son plan d’autonomie par les Nations Unies, il explique en quoi le projet actuel correspond selon lui à une "conception très avancée de l’autonomie". Tant par les compétences de la Région autonome que par ses organes (parlement, exécutif et tribunaux), l’auteur cherche à montrer que le projet permet à la fois de répondre aux revendications des sahraouis et de s’inscrire dans le cadre de la marocanité des provinces du sud du royaume chérifien. Il fait sien le propos prêté au roi Hassan II, selon lequel "tout est négociable sauf la tête sur le timbre", en expliquant que la mise en place du CORCAS (Conseil Royal Consultatif pour les Affaires Sahariennes) constitue une première étape vers la concrétisation du plan d’autonomie présenté par le Maroc. Si Abdelhamid El Ouali se révèle moins convaincant quand il évoque le consensus sur le sujet au Maroc (la question est certes largement tranchée, mais il existe tout de même quelques voix discordantes qui critiquent, à juste titre, la gestion passée du dossier sous la férule de l’ancien ministre de l’Intérieur Driss Basri), l’auteur parvient à se dégager d’une position marocaine inchangée, qui est certes de bon sens, mais qui se rapproche parfois dans son expression d’un leitmotiv lénifiant.

L’auteur termine son propos en citant une phrase de l’historien Benjamin Stora, qui aide à saisir un des enjeux centraux de la question du Sahara Occidental : "Le Maroc se conçoit depuis le XVIème siècle comme une Nation. A l’inverse, l’Algérie est une Nation tardive, née de la guerre d’indépendance. Cette identité récente explique la poursuite d’un travail de consolidation de la construction de l’Etat", quitte à ce que celui-ci s’affirme contre un Etat voisin qui l’a pourtant beaucoup aidé dans la guerre d’indépendance face à la France.

D’un point de vue général, on comprend à la lecture de ce livre que l’avenir du Sahara Occidental appartient au politique. L’échec des pourparlers de Manhasset entre le Maroc et le Front Polisario en 2010 témoigne des responsabilités différenciées des acteurs : d’un côté, un Etat en voie de démocratisation qui propose un plan d’autonomie réaliste et moderne, soutenu par les Etats-Unis, la France et les pays de la Ligue Arabe, à l’exception de l’Algérie ; de l’autre, une organisation otage du pays voisin, qui utilise des revendications identitaires légitimes, instrumentalisées à des fins d’hégémonie régionale.

Depuis quelques mois, près de 8000 sahraouis ont quitté les camps de réfugiés de Tindouf, en territoire algérien, pour rejoindre le Maroc. Le prochain ambassadeur du Maroc en Espagne est un ancien dirigeant du Front Polisario rallié à la position marocaine. Comme c’est le cas pour l’interminable occupation des territoires palestiniens au Proche-Orient, les paramètres de règlement d’un conflit qui dure depuis plus de trente ans sont donc connus. Combien de temps encore le développement économique et la coopération politique au Maghreb resteront-ils entravés par le différend du Sahara Occidental ? La réponse se trouve désormais plus à Alger qu’à Rabat ou Lâayoune.

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15 commentaires

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@ Byzance

06/07/10 00:23
C'est beau de défendre l'indéfendable !

Ceuta et Melilla, porte d'entrée des clandestins africains vers l'Europe, plaque tournante de l'économie parallèle et stigmate d'un colonialisme révolu, c'est tout sauf "normal".

La comparaison avec Istambul ne tient pas la route. Ce sont là deux enclaves que l'Espagne conserve par intérêt géopolitique mais qui, du point de vue de l'Afrique, demeurent deux taches indélébiles sur l'intégrité territoriale des anciennes colonies européennes.
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Byzance

05/07/10 17:04
Que viennent fiche Ceuta et Melila là dedans ? Ils sont espagnols depuis presque 500 ans... Alors parler d'occupation du territoire marocain est un peu surfait, comem si on parlait avec Istanbul dans sa partie européenne d'une occupation du territoire grec.
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tk

05/07/10 11:03
ce n'est pas un sahraoui qui parle; on dirai un extra terrestre; le maroc n a jusqu'à présent pas refuser la visite du grand président abdelaziz morrakchi qui n est certe pas de marrakech même s'il porte tant bien que mal son nom a rendre visite a son père mourant. qui est derrière ce blocage a votre avis...
allons nous revivre le scénario aminatou haider de nouveau...arrêtons cette plaisanterie... je croix que mr le président garde toujours son ancien passeport marocain car on passe au biométrique et c est l'occasion de se présenter pour le renouveler...
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Max

03/07/10 17:45
Cette critique nuancée a le mérite de montrer que le maroc a raison. Et dire que l'algérie refuse toujours de rouvrir la frontière depuis 20 ans!
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Monsahara

02/07/10 19:07
Avant 1976,les stratèges algériens pensaient "engranger" le Sahara Marocain en "catimini". C'est pourquoi ils avaient évité de faire reconnaitre le Polisario comme mouvement de libération par l'OUA. Ils pensaient le "court-circuiter"lui-meme ! Mais la Marche Verte les a obligés à jeter les masques, et "récupérer" le Polisario en le transformant directement en République...Depuis, c'est la fuite en avant. Comme tous les mauvais perdants,les stratèges algériens sont en panne. Ont-ils des amis capables de les ramener sur terre ?! Espérons le.
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