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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

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"La crise a été une formidable expérience naturelle". Élie Cohen à la Cité des Livres
[vendredi 04 juin 2010 - 18:00]
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Présenté par Gilles Finchelstein   comme "un des économistes les plus éclectiques", Elie Cohen est venu présenter jeudi soir à la Fondation Jean-Jaurès son dernier ouvrage, Penser la crise.

L’économiste, directeur de recherche CNRS au Cevipof, a d’abord reconnu qu’il n’avait pas vu venir cette crise. Cet échec, partagé selon lui par l’ensemble des économistes s’expliquerait par la méconnaissance de l’économie financière et l’utilisation de modèles macroéconomiques ne prenant pas en compte l’existence des marchés financiers. La domination de l’économie classique et l’éclipse des théories keynésiennes depuis trente ans, qui permettent pourtant d’expliquer les crises, sont les autres raisons qui ont été évoquées.
Il a procédé pour ce livre selon une démarche en trois temps. En premier lieu, il s’est laissé porter par les évènements, en analysant l’évolution de la crise. Puis, il s’est plongé dans la lecture des ouvrages d’économie d’avant crise et a distingué cinq courants qui avaient pensé la crise sous différentes formes. Enfin, il a opéré un retour en arrière en analysant l’histoire économique de la libéralisation financière de ces vingt dernières années.

Cinq écoles pour penser la crise

De quelle manière les économistes ont-ils pensé la crise avant la crise ? Une première école se focalise sur les "déséquilibres globaux" causés par la mondialisation. Le principal déséquilibre est celui qui s’est formé entre la Chine, "atelier du monde", produisant beaucoup et accumulant de l’épargne, et les Etats-Unis épargnant peu et consommant à crédit. Pour équilibrer ce système, il faudrait avoir un transfert de capitaux de la Chine vers les Etats-Unis par une appréciation du yuan et une dévaluation du dollar. La deuxième école voit dans l’absence de maîtrise du système financier la cause de la crise. Elie Cohen a cité comme exemple, le "travail remarquable" de l’économiste indien Raghuram Rajan, auteur de l’ouvrage Saving Capitalism from the Capitalists (2004). Pour la troisième école, la crise viendrait des bulles de liquidités qui se sont formées aux Etats-Unis, en raison notamment de la politique laxiste de la Banque fédérale américaine (Fed). La quatrième école met en lumière l’existence de "trous" dans le système financier qui permet, avec des produits innovants de spéculer. La cinquième école souligne l’action politique désastreuse du gouvernement américain en matière de logement. Elie Cohen propose en fait une synthèse de ces cinq écoles qui seule permettrait d’expliquer la crise actuelle.

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1 commentaire

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Fred

12/06/10 10:40
La crise financière et économique que nous traversons me semble être un exemple typique de ce que Nassim Nicholas Taleb a appelé un "cygne noir" (black swan), c'est à dire un évènement aléatoire, hautement improbable, impossible à prévoir, et pourtant à posteriori nous essayons toujours de leur trouver une explication rationnelle, comme Elie Cohen le fait ici. Les économistes sont un peu comme les généraux français tirant les enseignements de la première guerre mondiale en construisant la ligne Maginot. Et pourtant les crises économiques sont des phénomènes récurrents dans une économie de marché et dans certains côtés souhaitables dans la mesure où elles permettent de remettre les pendules à l'heure. En outre, elles impliquent toutes les mêmes principes de base, c'est à dire des prises de risque énormes dans un contexte spéculatif qui s'emballe. Le problème souvent est que ceux qui prennent des risques ne sont pas ceux qui payent les pots cassés. En outre les acteurs individuels ne sont pas capable de mesurer les conséquences de leur décisions, car les modèles qu'ils utilisent pour se faire sont par définition une simplification de la réalité qui ne tiennent pas compte justement de la possibilité de cygnes noirs.

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