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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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La Fondapol à l'assaut de l' "État glouton"
[mercredi 28 avril 2010 - 15:00]
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Dans une note rédigée par l’économiste Pascal Perri  la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol) met en avant "Quatre idées pour renforcer le pouvoir d’achat". Prenant acte en introduction du transfert de richesse qui s’est opéré en vingt ans des salaires vers le capital ("Environ 150 milliards d’euros ont changé de main chaque année, 150 milliards en moins pour les salariés français" ), Pascal Perri propose quatre idées visant à augmenter non pas les salaires mais le pouvoir d’achat par une baisse des prix et des impôts.

1- "Soutenir l’intensité concurrentielle"

Afin de faire baisser les prix, Pascal Perri démontre en premier lieu l’importance d’une concurrence accrue dans le marché de la distribution. Certes, reconnaît-il, la loi de modernisation économique (LME) votée en 2008 allait déjà dans ce sens en se fixant deux objectifs : encourager l’arrivée de nouveaux entrants et supprimer les marges arrière. Cette loi, promettait Michel-Edouard Leclerc devait permettre une baisse de 5% des prix. Aujourd’hui on sait qu’il n’en est rien et que les prix ont même continué d’augmenter de 0,4% en 2009.

Pascal Perri fait le constat d’un marché de la distribution en France "dominé par les ententes concurrentielles". Citant une étude de la société ASTEROP en 2007, il montre avec carte à l’appui que les zones où une enseigne est en situation de leadership  se concentrent surtout autour des grandes agglomérations – Paris et l’Île-de-France, Lyon, Marseille, Nantes, Nice et Toulouse.

Au-delà d’un contrôle sur les prix, Pascal Perri préconise un "observatoire des marges" pour faire toute la lumière sur les négociations entre fournisseurs et distributeurs. Cela permettrait de comprendre par exemple "comment le revenu des agriculteurs a bien pu baisser de 35% en un an au moment où les prix de détail des produits agricoles finis ou transformés augmentaient pour certains très sensiblement". Pascal Perri note surtout qu’aucune instance permet de faire appliquer la loi de modernisation de l’économie et propose de renforcer les pouvoirs et les moyens du Conseil de la concurrence.

2- "Un low cost à la française"

La deuxième idée est pour le moins originale. Pascal Perri envisage le développement d’"un low cost à la française" comme une solution aux difficultés financières des salariés. Au préalable, il invite à "lever les barrières psychologiques", certaines personnes continuant, à tort selon lui, à penser que ce modèle économique "se bâtirait sur la misère sociale et sur le renoncement à la sécurité et à la qualité de ses produits" . M. Perri n'avance toutefois dans la suite du texte aucun argument contraire.

Il va chercher en fait la légitimité du low cost chez les consommateurs qui plébisciteraient majoritairement ce modèle. Et l’auteur de citer un rapport de Charles Beigbeder, vice-président de la Fondapol, rédigé par une commission d’ "experts" – qu’il connaît bien pour en avoir fait partie – et qui montre que les Français sont prêts majoritairement à acheter du low cost.

L’économiste décline ensuite les différents avantages du low cost à travers deux enseignes : PrixBas et IKEA . La première, créée à Mulhouse par le groupe Auchan, est "inspiré(e) du modèle russe des grands supermarchés" . PrixBas, inauguré en mars 2010, est en fait le premier hypermarché discount où sont proposées plus de 30 000 références contre 1000 dans un hard discount traditionnel. Les campagnes de publicité sont supprimées et le service à l’intérieur réduit au strict minimum : généralisation des caisses automatiques, circulation dans des chambres froides pour aller chercher fruits et légumes, suppression des rayons boucherie, poissonnerie et boulangerie avec la mise en place d’un self-service intégral… permettant la suppression d’une trentaine d’emplois, un coût social que ne mentionne pas Pascal Perri.

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5 commentaires

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P. Perri

13/05/10 08:52
Une alerte google me permet de prendre connaissance de la note de lecture qui a été faite sur ma note consacrée au pouvoir d'achat. Je suis consterné par le commentaire sur la question fiscale. Soit l'auteur ne comprend pas le sens des mots (y compris le sens économique), soit il est de mauvaise foi. Je propose à l'inverse de ce qui est écrit de retrouver la logique d'un impot progressif et juste, assiette large et taux faible. Je montre à travers des exemples chiffrés que la fiscalité progresse bcp moins vite que les revenus et j'appelle à soulager les classes moyennes: le texte dit : "la politique fiscale (actuelle) vise à défiscaliser une partie du revenu des plus riches". On ne peut je crois être plus clair. En tout cas plus clair que l'opposition qui dans ce domaine comme dans bcp d'autres cherche encore sa religion!
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lecteur 2

30/04/10 15:35
Pour lecteur 1 et tous ceux qui s'intéressent à cette note (et à son commentaire critique ci-dessus particulièrement clair et intéressant), le lien vers le site de la publication de Fondapol :
http://www.fondapol.org/les-travaux/toutes-les-publications/publication/titre/quatre-idees-pour-renforcer-le-pouvoir-dachat.html
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Reynié

29/04/10 17:26
Cette note de lecture ne débute pas trop mal mais la fin est désolante. Pourquoi ce procès d'intention ? Comment pouvez-vous vous permettre une telle prétention consistant à penser que nous sommes de méchants vendus au grand capital (bravo pour l'effort théorique !) et vous les gentils qui donnent leur vie pour le bien de l'humanité ? Vous arrivez à comprendre la marche du monde avec de telles lunettes ? J'attendais autre chose de la part de nonfiction. Essayons ensemble d'élever le débat, y compris dans la qualité du désaccord. Dominique Reynié, directeur général de la Fondation pour l'innovation politique.
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Jean-Marc Soulé

28/04/10 21:35
Un impôt progressif est un impôt dont le taux augmente lorsque la base imposable augmente.
Les expressions ont un sens, et il n'y a aucun débat sur ce point de définition. D'autant plus que l'on qualifie de"professeur d'économie" l'auteur de la note. Si le reste est du même acabit, cela laisse perplexe.
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lecteur

28/04/10 18:46
intéressant. auriez-vous un lien svp à nous donner ?

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