La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

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Quand les marchés s’en prennent à la souveraineté des Etats
[mardi 02 mars 2010 - 11:00]
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Le deuxième exemple est celui des pays du sud de l’Europe, ceux que l’on appelle avec beaucoup de mépris les PIGS (le Portugal, l’Italie, la Grèce et l’Espagne), qui se sentent aujourd’hui menacés parce qu’ils sont endettés – même s’ils ne le sont pas plus que la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, comme le soulignait le journal espagnol El Pais la semaine dernière – et qu’ils ont mauvaise réputation sur les marchés anglo-saxons. En dégradant la note accordée aux finances publiques grecques, les agences de notation incitent les marchés à exiger une prime de risque supplémentaire sur les emprunts contractés par cet Etat : cette prime de risque correspond à une hausse du taux d’intérêt, ce qui rend l’endettement plus coûteux. La hausse du coût de l’endettement peut, prophétie auto-réalisatrice, pousser des Etats à la banqueroute. Pour se défendre contre cette agression, les Etats doivent prendre des mesures symboliques pour prouver aux marchés qu’ils vont redresser leurs finances publiques. Peu importent les risques – et les tragédies – engendrés par la réduction progressive du filet des protections sociales, ce sont les retraites qu’il faut réformer, les allocations chômage qu’il faut réduire, les médicaments qu’il faut cesser de rembourser. On pouvait ainsi lire dans les journaux espagnols cette sentence désespérante mais sans merci : les marchés obligent le gouvernement socialiste de José Luis Zapatero à repousser l’âge de la retraite à 67 ans. N’est-il pas choquant que des marchés financiers imposent à un Etat souverain sa politique intérieure ? N’est-ce pas encore plus choquant quand il s’agit de ce domaine "intime", profondément lié à la construction et au maintien du tissu social, jalousement maintenu à l’écart d’interventions trop poussées de l’Union européenne, des politiques sociales ? Juste châtiment pour une conduite financière inconséquente, penseront certains. Mais où sont les preuves, le procès, les droits de la défense, le principe du contradictoire ? Des éléments objectifs ont-ils fondé le comportement des marchés, ou bien s’agit-il de rumeurs, de comportements moutonniers, d’a priori idiots sur l’inefficacité et le manque de sérieux des pays latins ? Dégrader, qu’ils disaient… Le reste – l’humain –, ça ne nous regarde pas.

Réguler les marchés, réguler le comportement des entreprises (multi)nationales, ne sont pas des objectifs uniquement économiques : ce sont des impératifs politiques. Il est urgent de rappeler à tous les acteurs, publics et privés, que la souveraineté est publique et nationale, et qu’aucune sanction, fut-elle infligée par les marchés, ne peut se fonder sur une simple "rumeur" ou une croyance irrationnelle.

A lire aussi :

- 'Halal-uia ?'

- La bataille des mots : 'Gardes à vue'


 

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1 commentaire

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pymger

05/03/10 18:19
Vous aimee les grandes idées. Si des états , comme des particuliers doivent emprunter, c'est la loi du marché des emprunts qui dicte la conduite. Chers états, ne vous endéttez pas au delà de ce qui est raisonnable et vous n'aurez pas à subir la loi des marchés. Donc ne mennez pas des politiques qui consistent à laisserfiler l'inflation, à ponctionner le contribuable pour générer des dépenses d'état non porductives de richesses. Concentrons l'état sur ses taches régaliennes et uniquement sur celles-ci.

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