Coopération économique et réindustrialisation au Nord
[lundi 15 février 2010 - 05:00]
Economie
Sorties de crise. Ce qu'on ne nous dit pas. Ce qui nous attend
Patrick Artus, Olivier Pastré
Éditeur : Perrin
Les auteurs jugent moins sévèrement la stabilisation, décidée par les autorités chinoises en juin 2008, du yuan par rapport au dollar (à un niveau dont tout le monde s’entend pour dire qu’il est trop bas), dont ils expliquent qu’elle permet aux États-Unis de mener une politique très expansionniste sans courir le risque de voir le dollar chuter brutalement. Ce qui favorise également la zone euro, le raisonnement reposant ici sur le fait que les productions de ces pays et les importations depuis la Chine sont aujourd’hui peu substituables
.
On notera également parmi les choses qu’il ne faut pas dire, selon les auteurs, qu’on risquerait l’éclatement de la zone euro
. Et parmi les choses qu’il ne faut pas faire : une relance par la demande des ménages, qui n’aurait de toute façon que des effets limités, car les marges de manœuvre budgétaires sont désormais faibles
.
La dernière partie est alors un plaidoyer en faveur de la coopération internationale pour faire face à la crise, dans les différents domaines : monétaire, budgétaire, industriel, commercial et social, qui devrait notamment conduire à investir plus au Nord et à consommer plus au Sud. Les auteurs y font de nombreuses propositions (une vingtaine qu’ils récapitulent pour le lecteur à la fin du livre) comme d’inciter les banques centrales à rendre leur politique monétaire contra-cyclique, de renforcer l’axe franco-allemand en matière de coopération budgétaire, de donner une priorité absolue à l’investissement dans les pays du Nord, tout en mettant en place une politique sociale qui permette d’en atténuer les effets pour les salariés, etc.
Les raisonnements sont, la plupart du temps, rapides et tranchés, en l’absence notamment d’évaluation quantitative, qui surprend un peu s’agissant d’un livre d’économie. Mais la thèse principale que la solution à la crise devrait passer par une relance des investissements au Nord et une série de mesures visant à limiter la montée des antagonismes au sujet des délocalisations, des transferts de technologies, de l’accès aux matières premières ou encore de la protection sociale entre les grandes régions du monde est assez convaincante
. Accessoirement, cela consiste à prendre exactement le contre-pied du protectionnisme, ce qui permet de comprendre le rôle de repoussoir absolu que lui font jouer les auteurs
A lire aussi sur nonfiction.fr :
- Jacques Attali, Survivre aux crises, par Vincent Jacob.
- Guy Verhofstadt, Sortir de la crise. Comment l'Europe peut sauver le monde, par Alina Girbea.
- Matthieu Pigasse et Gilles Finchelstein, Le Monde d'après. Une crise sans précédent, par Alain Bergounioux.
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Fred