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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

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Justice et Ancien Régime : la réforme Maupeou, une chance gâchée (ou une occasion manquée)
[mercredi 03 février 2010 - 10:00]
Histoire du Droit
Couverture ouvrage
Justice, une réforme manquée (1771-1774). Le Chancelier de Maupeou
Jean-Luc Chartier, Jean Foyer (Préfacier)
Éditeur : Fayard
347 pages / 24,90 € sur
Résumé : Clair et agréable à lire, ce livre retrace le destin malheureux d'une réforme cruciale de la justice royale engagée par le dernier chancelier de la monarchie.
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La France, dont on dit qu’elle n’aime pas les réformes, a cependant conservé la mémoire de certains de ses grands réformateurs. L’Hôpital, Colbert, Turgot… font partie de ceux-là. Mais il en est un autre qui est injustement oublié, même de la part d’un public cultivé : René-Nicolas de Maupeou [prononcer "Maupou"], né en 1714 et mort en 1792, qui fut chancelier de France, ou si l’on préfère, ministre de la Justice, de 1768 à sa mort. Il n’eut l’exercice réel de ses fonctions que jusqu’en 1774, année de sa disgrâce, peu après l’avènement de Louis XVI. Son ministère a pourtant présidé à l’une des plus audacieuses et profondes réformes de la justice souveraine de l’Ancien Régime, probablement la "mère des réformes" qui eût pu sauver la monarchie (même si cette supputation reste toujours sujette à caution).

Les historiens n’ignorent bien sûr pas l’importance de Maupeou et de sa réforme. Des auteurs éminents, comme Jean Egret, Lucien Laugier ou Michel Antoine, ont rendu compte de son importance. Malgré cela, la parution chez Fayard en 2009 de l’ouvrage de Jean-Luc Chartier introduit par une préface du regretté Jean Foyer, ne sera sans doute pas de trop pour tenter de mieux faire connaître d’un public moins érudit cet épisode de l’histoire institutionnelle française.

Le moment s’y prête bien. Depuis de nombreuses années, la place de la justice et des magistrats dans l’édifice républicain suscite tensions et débats. On en connaît les termes : indépendance et impartialité d’un côté, exigence de légitimité démocratique et capacité du pouvoir élu à faire appliquer les lois et orienter les grandes politiques judiciaires de l’autre. A ce jour, aucune solution permettant de concilier parfaitement toutes ces exigences ne parvient à émerger. Et si l’histoire aidait, sinon à trouver des solutions toute prêtes, du moins à mieux comprendre la profondeur du débat ?

C’est ce pari que fait J.-L. Chartier, qui a qualité pour s’exprimer. Juriste, docteur en droit et avocat, il s’est signalé par la parution d’une biographie de Portalis ("père du Code civil") chez Fayard en 2004. Aujourd’hui, il publie donc une étude du ministère Maupeou, inscrite dans une perspective d’éclairage du présent, à raison sans doute. On ne peut en effet rien comprendre aux difficultés actuelles à penser le statut et les pouvoirs des juges, si l’on ne remonte pas à la crise de cette seconde moitié du XVIIIe siècle et à la solution radicale que lui apportera ensuite la Révolution. Il serait même possible de remonter encore plus haut , mais nous nous contenterons ici de la fin de l’Ancien Régime, là où l’opposition entre l’autorité royale et ses parlements atteignit son paroxysme.

Titre du livre : Justice, une réforme manquée (1771-1774). Le Chancelier de Maupeou
Auteur : Jean-Luc Chartier, Jean Foyer (Préfacier)
Éditeur : Fayard
Collection : Nouvelles Etudes Historiques
Date de publication : 16/09/09
N° ISBN : 2213642648
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