Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 
Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.
Bientôt de nouveaux résultats !

Les seize contributions rassemblées dans l’ouvrage collectif In search of social democracy, sont issues d’un cycle de trois conférences internationales, préparé par un groupe d’historiens britanniques depuis l’automne 2003. Alors qu’un premier volume, paru en 2007, traitait de « l’Age d’Or » de la social-démocratie , le présent opus est consacré à l’évolution de cette famille politique depuis la fin des années 70, marquées par une crise économique qui déstabilisa les partis sociaux-démocrates, autant sur le plan électoral qu’idéologique. Le retour au pouvoir de nombreux partis s’étant accompagné d’une « révision » de leurs valeurs et de leurs propositions, c’est ce changement d’identité qu’interroge ce livre. Quelles ont été ses modalités ? A-t-il été uniforme ? Était-ce le seul chemin possible ? Les directeurs de l’ouvrage, qui assument le fait de ne pas avoir imposé de « ligne idéologique », soulignent dans l’introduction que malgré une littérature abondante, la modernisation de la social-démocratie n’avait jamais été envisagée en détail en intégrant les expériences gouvernementales de la fin des années 90 et du début des années 2000. Ils précisent aussi que les contributions se sont focalisées sur l’Europe de l’Ouest, cette aire géographique étant le berceau et le cœur d’une longue tradition sociale-démocrate.
Trois parties structurent l’ouvrage. La première est consacrée aux causes de la crise ayant touché les sociaux-démocrates à partir de la fin des années 70, et aux défis auxquels ils ont dû faire face. Le premier chapitre s’interroge sur les raisons du tournant néolibéral adopté par la social-démocratie européenne. Ashley Lavelle, à travers l’étude des cas allemand, suédois et australien, affirme que c’est l’effondrement du boom économique de l’après-guerre qui en est la cause. La crise rampante qui dure depuis 1974 aurait empêché les sociaux-démocrates d’œuvrer en faveur du progrès social sans que leur action ne remette en cause les profits des détenteurs de capitaux. Avec l’effondrement de la croissance, les solutions keynésiennes rentraient en conflit avec les exigences du capital. Dès lors, s’est opéré le choix - sous contrainte - de politiques néolibérales. Ce n’est donc pas dans l’idéologie qu’il faudrait chercher l’origine du tournant néolibéral, mais dans un changement de la situation économique et dans l’échec des politiques keynésiennes. Ce n’est que dans un second temps que la faillite de ces politiques a été utilisée par les tenants du néolibéralisme pour mieux asseoir leur domination idéologique. L’auteur conclut en estimant que seul un retour (improbable) à l’équation économique des Trente Glorieuses permettrait de revenir sur la " néo-libéralisation " de la social-démocratie.
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