Rédacteur

Critique à nonfiction.fr

La phrase

Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 

Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.

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Entretien avec Michel Barnier: " Aucun acteur financier ne sera à l’écart de la régulation"
[jeudi 28 janvier 2010 - 16:00]
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A quelques jours de l'investiture probable de la Commission Barroso II, le ministère des Affaires étrangères, en partenariat avec Touteleurope.fr et Nonfiction.fr a rencontré le commissaire français désigné au Marché intérieur et aux services financiers, Michel Barnier. Ce dernier revient sur les priorités de son nouveau mandat, le caractère stratégique d'un tel portefeuille et la nécessité de réguler intelligemment l'économie européenne. Il évoque également l'idée d'une taxation sur les transactions financières et la création d'une force européenne de protection civile.
 

Michel Barnier, vous avez déjà été commissaire européen chargé, à l’époque, de la Politique régionale : dans quel état d'esprit abordez-vous votre nouveau mandat ?

On ne peut être que passionné lorsqu'on retrouve un rôle, une mission au sein de la Commission européenne : celle-ci est une institution très originale depuis plus de 50 ans, indépendante, chargée de proposer, de donner des impulsions, de mettre également en œuvre des décisions prises par les chefs d'Etat, le Conseil des ministres et le Parlement européen.

J'avais depuis assez longtemps ce projet de revenir à la Commission européenne, parce que le projet européen est pour moi le plus beau projet politique, peut-être aussi le plus fragile. Si la politique signifie que, lorsqu'on a des lois à fabriquer, des budgets à gérer, des convictions, on peut créer du progrès collectif… si c'est bien ça la politique, alors le projet européen est le plus beau projet politique à l'échelle d'un continent.

Maintenant, ce projet est fragile. Nous sommes à un moment de vérité, le monde a changé depuis 50 ans. Quelles leçons tire-t-on de ces changements ? Comment se protège-t-on ? Comment se fait-on entendre ? Comment participe-t-on à un nouvel ordre du monde ? Comment réussit-on cette mutualisation des nations ? La mutualisation n'est pas la fusion, on garde nos différences, on garde nos langues, on garde notre identité nationale, mais on fait quelque chose en plus qui donne de la force à chacun, et on le fait ensemble. C'est ça, le projet européen. Dans le monde d'aujourd'hui, je pense que l'Europe n'est pas une option, c'est une nécessité pour chacune de nos nations.

Je reviens à la Commission sous l'autorité d'un homme que je respecte, José Manuel Barroso, avec la confiance de mon pays qui m'a désigné, et du président de la République française. Je reviens avec beaucoup de passion, d'enthousiasme, de volontarisme, un peu d'utopie aussi…

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