Logique paranoïaque s’il en est : tous ceux qui n’assimilent pas l’événement du 6 décembre à l’oppression transhistorique des hommes sur les femmes (Mélissa Blais parle bien d’" un acte qui s’inscrit dans un continuum des violences masculines "
sont jugés suspects, complices du déni des " méchants " sexistes. Le refus d’associer ces meurtres uniquement à l’antiféminisme est jugé comme un odieux déni. Mélissa Blais adopte une vision très binaire et simpliste des acteurs en jeu : le monde se diviserait entre les "proféministes "
d’un côté, et les " antiféministes "
de l’autre. Elle crée des typologies d’ennemis, sachant que la pire des " catégories d’antiféministes " est bien celle des " masculinistes "
. Attention : nous avons même droit à la définition " encyclopédique " de l’espèce masculiniste : "Les masculinistes s’en prennent directement aux féministes, les accusant de causer du tort aux garçons et aux hommes, qui souffriraient de la féminisation des écoles et du système de justice et qui subiraient une perte de repères identitaires et de modèles masculins. Pour en arriver à ces conclusions, les masculinistes prétendent qu’il existe une oppression des hommes par les femmes. "
Or l’erreur majeure de Mélissa Blais est de masculiniser la violence, donc de la sexuer, de l’essentialiser. Elle qualifie un carnage d’" antiféministe " ; parce qu’elle fait l’erreur d’assigner à la souffrance des propriétaires bien marqués identitairement, comme si la souffrance pouvait être personnifiable, quantifiable, se posséder comme une fierté ou un bien éternel.
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