On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

Ainsi, la mise en parallèle entre trois récits purement littéraires et certains textes évangéliques tend à gommer les intentions théologiques qui ont présidé à l’élaboration de ces textes néotestamentaires ainsi que leur spécificité. Même si l’auteur s’en défend dans son introduction, la critique narrative donne parfois l’impression de reléguer au second plan les questions - pourtant essentielles - de l’auteur (la communauté dans laquelle il a vécu) et des destinataires. Prenons à ce sujet un seul exemple : l’évangile de Luc, probablement adressé à des païens d’origine grecque, est le seul à mentionner la parabole du Bon Samaritain étudiée de manière précise par Resseguie dans le cinquième chapitre. Toutefois, ce dernier, dans son étude littéraire de la parabole, en minimise, nous semble-t-il, un aspect essentiel : l’origine samaritaine de l’homme qui vient au secours du blessé, autrement dit son origine impure et socialement condamnable aux yeux des Juifs Or, qu’un homme réprouvé de tous, vienne en aide à son prochain alors même que le lévite et le prêtre, hauts dignitaires juifs, lui ont refusé leur aide, là réside précisément la force de cette parabole. Parabole d’autant plus pertinente qu’elle s’adresse à une communauté de païens, par définition non familiers du culte chrétien. Comprenons que la parabole du Bon Samaritain peut être lue, chez Luc, comme une promesse divine : les étrangers ou les païens , quelle que soit leur origine, sont eux aussi des enfants de Dieu qui ont leur place à part entière auprès des chrétiens et du Seigneur. Le texte ne prend dès lors pleinement tout son sens qu’à la lumière du contexte socio-culturel de l’époque.
Le livre de James L. Resseguie, en évoquant avec précision et clarté les méthodes et techniques de la critique littéraire, constitue un outil précieux pour le lecteur désireux de mettre à jour la dynamique qui sous-tend le texte néotestamentaire. Les notes bibliographiques, très denses et reprises de manière méthodique à la fin de l’ouvrage, l’index des références bibliques ainsi que la table des matières très détaillée en font sans aucun doute un ouvrage essentiel pour qui veut pousser plus avant l’analyse du texte néotestamentaire.
Pour autant, son analyse ne saurait se réduire à cette seule approche. Si le lecteur désire appréhender le texte dans toute sa richesse, il lui faudra convoquer d’autres méthodes de lecture au nombre desquelles figurent la méthode historico-critique. Car si l’on veut réellement mettre à jour la fondation d’une religion historique, il revient d’en analyser les textes pas seulement d’un point de vue narratif mais aussi d’un point de vue historique et social sans jamais oublier que les récits du Nouveau Testament sont avant tout conçus du point de vue de la prédication et non pas de la chronologie et de la narration.![]()
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