Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 
Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.
Bientôt de nouveaux résultats !

Motown : nimbé d’une aura presque magique, ce nom brille de mille feux dans le panthéon imaginaire de tous les amateurs de musique populaire. Qui n’a jamais tapé du pied sur un twist endiablé des Contours, fredonné un refrain des Supremes ou des Four Tops, ou flotté sur la voix lactée de Marvin Gaye ? Ayant accumulé un nombre impressionnant de succès et compté en ses rangs quelques-unes des plus grandes gloires de la musique noire, la compagnie créée par Berry Gordy Jr. a fêté cette année son premier demi-siècle d’existence.
Edité par Le Serpent à Plumes et coécrit par Gilles Pétard et Florent Mazzoleni, Motown Soul & Glamour fait office de juteuse cerise éditoriale sur le gâteau d’anniversaire. De facture classique, l’ouvrage respecte l’ordre chronologique pour retracer avec force détails toute l’histoire, aux allures d’épopée, d’une maison de disques appelée à connaître un destin exceptionnel. La richesse de l’iconographie, parfaitement mise en valeur par le format album du livre, compense la relative pâleur d’un style qui n’atteint pas le niveau de flamboyance requis par un pareil sujet.
Conduit par de fins connaisseurs , le récit demeure toutefois aussi vif qu’instructif. Tout en déroulant le fil des événements, les auteurs s’attardent sur certaines des figures majeures de cette « usine à tubes », en commençant, bien sûr, par son fondateur.
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