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Critique à nonfiction.fr

La phrase

Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes.

Gérard Longuet, à propos de l'éventuelle nomination de Malek Boutih à la tête de la Halde, 10 mars 2010.

Les idées sur le Web

La fondation Jean Jaurès
Un nouvel espace de la rénovation de la pensée socialiste
Jérôme Fourquet sur les ouvriers français : retour sur une classe oubliée
[vendredi 18 décembre 2009 - 15:00]
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Jérôme Fourquet, directeur adjoint du département opinion de l'Ifop, dans sa note Les ouvriers français : Valeurs, opinions et attentes publiée par la Fondation Jean Jaurès, nous propose de revenir sur les attitudes politiques des ouvriers français, en interrogeant les principales représentations du vote de ce groupe social depuis les élections présidentielles de 2002, qui avait vu surgir une forte défiance envers la gauche et une poussée de l'extrême droite.

Ce faisant il poursuit deux objectifs complémentaires : d'une part revenir sur l'évolution du monde ouvrier, dont l'existence a été sinon ignorée du moins minimisée depuis le début des années 80. Ce sont pourtant près de 5 millions de citoyens, dans l'emploi ou au chomage, qui partagent "la condition ouvrière" . Une décennie plus tard, la question du devenir, notamment politique, des ouvriers "après la classe ouvrière" demeure centrale.
D'autre part, il s'agit de tester à partir des données d'enquêtes récentes la validité des représentations qui attribuent aux ouvriers un attachement nouveau au libéralisme économique et une hostilité prononcée au libéralisme culturel.

Reprenant les travaux d'Etienne Schweisguth, directeur de recherche CNRS au centre de recherches politiques de Sciences Po , Jérome Fourquet montre que l'existence d'une forte demande d'autorité émanant de l'électorat ouvrier n'est pas une attitude de retour aux formes d'autorités traditionelles, mais davantage une articulation entre la nécessité d'un ordre public et de développement des libertés privées. Par ailleurs, cette demande accrue d'autorité ne renvoit pas à une remise en cause des principes démocratiques ni des institutions mais davantage à la défiance à l'égard du personnel politique et de l'exercice du pouvoir. Toutefois cette attitude de crispation autoritaire n'est pas spécifique au monde ouvrier, elle se retrouve dans de larges pans de la société française (54 % des français déclarant en 2007 qu'il était plutôt ou tout à fait d'accord avec la phrase "il y a trop d'immigrés en France").

Ces éléments d'attitudes politiques sont d'autant plus importants que les enjeux associés au libéralisme culturel tendent à occuper une place croissante dans les choix électoraux des individus.

Cependant cette attitude de fermeture est à nuancer, compte tenu de l'existence d'une forte majorité d'ouvriers considérant que "l'homosexualité est une manière acceptable de vivre sa vie" ou acceptant le principe du droit de vote des étrangers résidant en France. On constate par ailleurs que dans leurs discussions, les ouvriers tendent à accorder moins d'importance que les autres français aux annonces du gouvernement sur le port de la burqa ou les expulsions de réfugiés, ce qui n'en fait pas les cibles les mieux atteintes par la stratégie de communication de l'Elysée dans le cadre du débat sur "L'identité nationale".

 

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