Cinéma
Agnès Varda : le cinéma et au-delà
Antony Fiant (dir.), Roxane Hamery (dir.), Éric Thouvenel (dir.)
Éditeur : Presses universitaires de Rennes (PUR)
Pour aborder une œuvre de l’importance de celle d’Agnès Varda, l’ouvrage collectif était-il le support adéquat ? Spécialement lorsqu’il est issu de colloques, ce type de publication s’apparente souvent à un patchwork hétéroclite, généralement lésé par des contributions d’intérêt inégal. Or ici, les contributions sont toutes de haute qualité, et l’approche collective finit par évoquer elle-même une sorte d'installation, avec ses passerelles et ses espaces de rencontres. Au final, la forme de l’ouvrage sied admirablement au cinéma (et au travail plastique) d’Agnès Varda, qui ne vise pas l’élaboration d’une totalité mais se situe résolument du côté de l’approche fragmentaire – comme l’écrit Dominique Bluher, à propos de ce qu’elle désigne comme une poétique du "portrait-puzzle qui prend pied dans le réel et plonge la pensée dans le réel". Il ne s’agit pas là d’un jeu ludique postmoderne, mais bien d’une façon de se confronter au monde et au réel avec ses propres moyens, qui sont pour Varda : l’art de concilier l’inventivité formelle avec l’attention à l’autre (et à soi-même), la beauté (vouée à se défaire) avec le corps en souffrance ou en errance ; l’art, enfin, de composer une esthétique (et donc une éthique) à la hauteur de ces enjeux d’images.
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