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critique à Nonfiction

La phrase

Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes.

Gérard Longuet, à propos de l'éventuelle nomination de Malek Boutih à la tête de la Halde, 10 mars 2010.

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Nationalisme allemand : Hermann fête ses 2000 ans
[vendredi 20 novembre 2009 - 12:00]

Du côté allemand, 2009 est l'année des grands anniversaires. Il y a vingt ans – on s'en souvenait début novembre – le Mur de Berlin passait de la verticale à l'horizontale. Plus lointaine, la République fédérale d'Allemagne a rappelé, avec des accents moins médiatiques, qu'elle était née, il y a soixante ans de cela, par un beau mois de mai. Dix ans avant ce nouveau régime, soixante-dix ans avant la fameuse année 2009, la Pologne était envahie par les troupes allemandes et la Seconde guerre mondiale trouvait une bonne date de départ à donner aux livres d'Histoire.

 

Clay Risen, rédacteur en chef de la revue Democracy: a Journal of Ideas, pointe un autre événement  à haute teneur symbolique : deux mille ans avant deux mille neuf, Arminius, futur Hermann, de son nom de héros, empêchait les troupes romaines de prendre le contrôle des terres germaniques. Dans un article paru dans The National, où la richesse des rappels côtoie la finesse d'analyse, Clay Risen propose un retour complet sur la construction frauduleuse de l'identité de héros et l'utilisation du mythe dans la promotion de l'identité allemande.

 

Pierre solide dans la symbolique du régime nazi, Hermann le guerrier est logiquement passé aux oubliettes après la chute du IIIe Reich. Aujourd'hui, des projets commerciaux ont décidé de dépoussiérer le soldat pour générer une lucrative « Hermann-mania », où figurines ridicules et « Hermannwürste » (« saucisses de Hermann ») se livrent bataille pour vider le porte-monnaie des visiteurs, sur le site où Arminius aurait défait les soldats romains. Selon les observations de Clay Risen, les Allemands qui redécouvrent ainsi le mythe de Hermann ne seraient pas dupes : à la sortie de ce musée – parcours situé à Kalkriese, les visiteurs garderaient bien plus le souvenir d'un traître qui a cherché à se délivrer d'une douce vie d'otage que d'un valeureux guerrier qui a empêché la mainmise des Romains sur Germania.

 

Clay Risen profite d'un mythe loin d'être anecdotique pour livrer ses réflexions sur l'identité allemande actuelle, son retour possible à la promotion de la nation, les jeux dangereux entre valorisation des héros et tendance militariste.

 

* Clay Risen, 'They need a hero', The National, 9 octobre 2009.

 

 

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