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Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes. 
Gérard Longuet, à propos de l'éventuelle nomination de Malek Boutih à la tête de la Halde, 10 mars 2010.

Parlons d’un des événements littéraires homos les plus marquants de la rentrée : la sortie du livre-bombe de Brahim Naït-Balk, Un Homo dans la Cité, publié aux Éditions Calmann-Lévy, et qui retrace le calvaire vécu par un homme homosexuel quarantenaire ayant passé une bonne partie de sa vie de jeune adulte entre les tours HLM des quartiers dits " difficiles " de la banlieue parisienne, et qui maintenant sort du silence pour dénoncer les abus sexuels dont il a été victime. Tout récemment, ce journaliste pas comme les autres a défrayé la chronique, notamment avec la fameuse affaire d’homophobie entre le club de foot Créteil-Bébel et le Paris Foot Gay (dont il est l’entraîneur) en octobre dernier, mais aussi parce que la publication d’Un Homo dans la Cité a coïncidé avec la sortie du livre Homo-Ghetto : Gays et lesbiennes dans les cités : Les Clandestins de la République (Éditions du Cherche-Midi) de Franck Chaumont. Ces deux ouvrages ont permis de soulever avec force la question épineuse et taboue de la violence homophobe dans les zones urbaines sensibles. Ils ont bénéficié d’une visibilité médiatique assez exceptionnelle quand on pense à la rareté des émissions osant montrer un visage réaliste de l’homosexualité, même si leurs auteurs craignent à présent que ce bouillonnement médiatique ne soit pas suivi d’actions politiques concrètes et retombe comme un soufflet.
Étant donné la gravité du thème abordé, on ne peut que saluer le courage incroyable qu’il a fallu à Brahim Naït-Balk pour écrire son témoignage. Peu importe que ce livre ne soit pas à la hauteur d’un Prix Nobel de Littérature (il n’en a pas la prétention de toute façon). Peu importe qu’il soit de lecture facile et rapide. C’est un livre accessible, ouvert à l’universel, qui ne peut pas laisser insensible. Le constat de démission sociale y est tellement accablant que cela laisse sans voix. L’auteur parle avec son cœur, sans sensiblerie, et les faits qu’il relate sont sans appel, indiscutables. Qui irait remettre en doute ce qui est écrit sur la souffrance dans les quartiers par exemple, ou sur la violence des ghettos, à part peut-être les personnes qui se reconnaîtraient dans le texte, sachant en plus que Brahim Naït-Balk a la finesse de ne jamais réduire ces dernières à leurs actes, leurs réactions passées, ou à leurs désirs ? Non, très sincèrement, Un Homo dans la Cité est un livre à mettre entre toutes les mains, déjà parce qu’il dénonce des injustices encore peu connues et loin d’être éradiquées, mais aussi parce qu’il constitue une aide précieuse pour tous les individus qui vivent leur homosexualité dans la honte, le danger, le secret, que ceux-ci habitent en banlieues ou non d’ailleurs. L’essayiste met en mots l’indicible, propose une réflexion beaucoup plus large que la simple condamnation de l’" homophobie des banlieues " : il parle aussi du poids de la communauté et de la culture religieuse traditionnelle, de la famille, de l’enfance, de la découverte du désir homosexuel, de l’initiation amoureuse, du rapport homosexuel aux femmes, de la peur de l’inceste, du désenchantement du " milieu homo ", etc. Il est d’ailleurs étonnant comme, sous la plume de Brahim Naït-Balk, la dictature sociale répond à la dictature familiale (l’omniprésence étouffante d’une mère qui a considéré son fils homo comme un substitut marital, la carence de la figure paternelle, la place de l’enfant dans la fratrie, etc.) : elles sont constamment mises en parallèle, comme si elles se faisaient miroir. Une telle coïncidence est fascinante et mériterait développement.
8 commentaires
Anonyme
Il y a un article paru récemment dans le Tetu, cahier N°2. N°150-Decembre 2009. Vous y lirez l'article intéressant sur Brahim Nait-Balk !
Y figure egalement un entretien avec Franck Chaumont et Fouad Zeraoui
A lire absolument, j'ai beaucoup aimé l'article
Joan D
h0r4ti0
pikkendorff
JOAN D.
J’ai lu avec beaucoup d’intérêt l’article de Monsieur Arino. L’ambition de son écrit plutôt du style analytique et littéraire me pose un léger problème mais dans son ensemble et à juste titre ce livre me parait bien utile et indispensable. Brahim Nait-Balk démontre tout naturellement et spontanément à travers on écrit les souffrances physiques et morales qu’il a subies.
C’est pour cela que je ne suis pas entièrement d’accord avec l’auteur de cet article, il faut plutôt voir dans ce livre un témoignage d’une extrême sensibilité, douleureux et touchante.
Bien évidement les médias ont toujours su "bien interprétés ou pas à leur façon", mais il ne faut surtout pas se focaliser sur cette partie là "de la médiatisation".
Ce livre m’ a énormément touché dans sa justesse et je rend hommage à son auteur que j’ai pu découvrir sur certaines émission, Brahim est très fin et d’une humanité incroyable.
S’agissant du thème de l’homosexualité et l’homophobie en bcp plus approfondi…… le débat serait trop long pour ce type de livre qui en reste un écrit formidable et un cris. Ces maux ont les retrouvent dans toutes les sociétés, le malaise s’exprime de la même manière, Brahim en aucun cas à voulu faire un style littéraire car cela n’a pas lieu d être pour ce livre magnifique.
Ce qui n’empêche pas que l’on puisse l’invité dans tous type d’émission sérieuse car le bouquin traite justement d’un problème grave et sérieux dans nos banlieues ou en dehors de la banlieue !
Bien à vous,
M. joan
JOAN D.
J’ai lu avec beaucoup d’intérêt l’article de Monsieur Arino. L’ambition de son écrit plutôt du style analytique et littéraire me pose un léger problème mais dans son ensemble et à juste titre ce livre me parait bien utile et indispensable. Brahim Nait-Balk démontre tout naturellement et spontanément à travers on écrit les souffrances physiques et morales qu’il a subies.
C’est pour cela que je ne suis pas entièrement d’accord avec l’auteur de cet article, il faut plutôt voir dans ce livre un témoignage d’une extrême sensibilité, douleureuse et touchante.
Bien évidement les médias ont toujours su "bien interprétés ou pas à leur façon", mais il ne faut surtout pas se focaliser sur cette partie là "de la médiatisation".
Ce livre m’ a énormément touché dans sa justesse et je rend hommage à son auteur que j’ai pu découvrir sur certaines émission, Brahim est très fin et d’une humanité incroyable.
S’agissant du thème de l’homosexualité et l’homophobie en bcp plus approfondi…… le débat serait trop long pour ce type de livre qui en reste un écrit formidable et un cris. Ces maux ont les retrouvent dans toutes les sociétés, le malaise s’exprime de la même manière, Brahim en aucun cas à voulu faire un style littéraire car cela n’a pas lieu d être pour ce livre magnifique.
Ce qui n’empêche pas que l’on puisse l’invité dans tous type d’émission sérieuse car le bouquin traite justement d’un problème grave et sérieux dans nos banlieues ou en dehors de la banlieue !
Bien à vous,
M. joan