Rédacteur

Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Gare au tout info!
[jeudi 12 novembre 2009 - 05:00]
Sciences de l’information
Couverture ouvrage
Informer n'est pas communiquer
Dominique Wolton
Éditeur : CNRS
147 pages / 5,70 € sur
Résumé : Comment penser la communication face à la prolifération des techniques d’information ?
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Même si "informer n’est pas communiquer", c’est bien l’information qui est à reconsidérer avec, en premier lieu, "l’idéologie technique" qu’elle comporte. Wolton ne condamne pas la révolution de l’information en soi mais les dérives idéologiques qui l’accompagnent irrémédiablement. Derrière les prouesses technologiques d’Internet et l’apparente liberté qui accompagne son usage, se cachent deux bêtes noires de la communication : l’individualisme et le communautarisme. Car le concept de "village global" s’applique à l’univers de la technique, nullement à celui des hommes et des cultures qui, au contraire, risque de se trouver de plus en plus segmenté. Pour sortir de l’illusion dangereuse d’un monde rendu libre et ouvert grâce à Internet, Dominique Wolton propose de quitter "l’impérium technique", de "détechniser la communication". Ce qui devrait également permettre de pallier les dérives de l’information, pointées sans complaisance. Simplification, idéologie du scoop, course de vitesse, propagation des rumeurs, tendance à tourner en rond, confusion entre progrès des techniques et lenteur du travail de production de l’information… l’auteur n’épargne rien au journalisme.

Accéder à la tolérance par la connaissance

Dans sa leçon donnée aux acteurs de l’information, il invite ces derniers à revenir vers la connaissance, plus que jamais indispensable pour faire face à la profusion d’informations et pour ne pas buter sur l’ "incommunication". Mettant en garde contre "l’idéologie du direct" et contre le "de plus en plus vite, de plus en plus faux", Wolton insiste sur la nécessité d’un rapprochement, d’une reconnaissance réciproque entre journalistes et chercheurs. C’est en travaillant main dans la main et non dans l’ignorance ou le mépris de l’autre, en cohabitant en somme, que ces "cousins germains" feront œuvre de communication.

Si aujourd’hui "informer n’est pas communiquer", Dominique Wolton refuse de s’accommoder de cet état de fait et manifeste dans ce court ouvrage une volonté performative avec pour horizon plus ou moins proche, "l’idéal de tolérance" inséparable de son modèle communicationnel. Un modèle dont la théorisation limpide et convaincante mériterait cependant d’être illustrée par des exemples concrets.

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3 commentaires

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wolton junior

16/02/10 17:00
hec fait lire ca à ses étudiants mais personnellement pourquoi?
ce livre est lourd et inintéressant
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nesa

16/11/09 16:03
C'est une approche révolutionnaire de la Communication que propose Wolton. Il lui redonne ses lettres de noblesses en ce sens que la Communication a été trop souvent vilipendée, salie et accusée de plusieurs maux alors qu'in fine, elle est à la base du projet humain. Elle engloble l'information-presse qui n'est pas à l'abri de dérives comme on en voit dans la société moderne.
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Philo

16/11/09 05:08
Oui réhabiliter la communication qui, si elle porte en elle les germes de la com mercantile et du communautarisme exclusif, parle aussi de bien commun.
Pour prolonger par une approche philosophique, on pourra lire « Narcisse et Écho, politique de la communication. Échanger les regards et donner la parole », Arnaud Sabatier, en ligne ici
http://www.lrdb.fr/articles.php?lng=fr&pg=1241

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