On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

Bien que ces valeurs (respect, soin, attention, sensibilité) soient inséparable de valeurs fonctionnelles et d'usage des environnements et/ou des objets, elles concernent le choix des matériaux, leur arrangement et la manière dont on en dispose. Un paysage qui retient l'attention a plus de chance de se voir préservé, un phénomène que l'on pourrait qualifier par l'expression de durabilité culturelle. L'auteur de l'ouvrage tire ses exemples de la culture japonaise ; or cette dernière a souvent lié valeurs esthétiques et valeurs morales de manière explicite. Pour faire bref, la disjonction opérée entre ces deux domaines dans les cultures occidentales n'implique t-elle pas un vrai mépris pour le monde des apparences ? N'a t-elle pas conduit, au-delà et de manière bien plus grave, à l'oubli que nombre de nos comportements ne sont pas régis par des valeurs morales surplombantes ou encore par des préceptes scientifiques qui gouverneraient nos esprits, mais par des goûts et des dégoûts, des habitudes et traits culturels dont beaucoup sont reliés à des questions de plaisir esthétique ? En ce sens, comme l'auteur, je crois que l'esthétique englobe la série de nos réactions envers les qualités sensuelles d'un objet, environnement ou être humain. Et si l'on cherche à relier les valeurs esthétiques aux valeurs morales dans le domaine de l'écologie et dans le cadre d'une problématique environnementale, il ne faut pas chercher à faire des valeurs scientifiques ou militantes des valeurs universelles et tomber ainsi sur une déterminisme environnemental.
Les connaissances acquises en matière d'écologie et d'histoire naturelle doivent être traduites en termes d'esthétiques de la nature. La valeur esthétique est une manière autonome de se relier au monde et nous guide quotidiennement dans l'attention prêtée à celui-ci. Le centre de notre expérience est bien l'apparence, la sensorialité des environnements, objets ou êtres humains, et c'est celle-ci qui engendre des réactions. La valeur du sauvage par exemple ne tient pas en ce qu'on lui reconnaît une valeur scientifique particulière mais en ce que son apparence nous prête de civilisation. La valeur esthétique naît par contraste et différence.
D'une certaine manière, l'on peut distinguer le jugement que l'on porte sur les choses et la valeur morale que l'on tente d'exprimer au travers d'un style de vie ou d'un art. Cependant, comme le jugement de goût est perçu comme une donnée essentiellement subjective, tout arrangement collectif conscient en la matière est souvent perçu comme étant intrusif voire autoritaire à l'égard de la diversité des styles de vie. Il est désormais temps d'aborder la notion d'esthétique en prenant en compte l'espace public et l'environnement public, un espace public doté de dimensions bio-physico-chimiques, car l'espace de débat et d'apparition des êtres humains les uns aux autres est bien solidement concret. Le jugement esthétique ne concerne pas que le sacré, l'exceptionnel et l'extraordinaire![]()
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