La reine déchue de Mussolini
[mercredi 04 novembre 2009 - 10:00]
Histoire
Margherita Sarfatti. L'égérie du Duce
Françoise Liffran
Éditeur : Seuil
L’ouvrage met également en avant l’erreur fatale du chef fasciste qui, peu après l’arrivée des nazis au pouvoir, choisit de s’entendre avec Hitler, contre l’avis, semble-t-il, de Margherita Sarfatti. La promulgation des lois raciales, en 1938, symbolise cette alliance qui précipite l’Italie dans la guerre et dans le précipice de la défaite.
Les attaques contre les Juifs et sa déchéance personnelle poussent l’ancienne favorite à quitter son pays. C’est depuis l’Argentine qu’elle vit la mort du Mussolini et du fascisme. En 1947, de retour dans une Italie devenue républicaine, cette proche de la famille royale tente encore d’attirer les regards sur elle, sans succès. A sa mort, en 1961, le mystère reste entier autour de cette femme dont on ne peut, encore aujourd’hui, que supposer l’apport intellectuel au fascisme et sa réelle importance aux yeux de Mussolini. Sur ces deux points, la biographie de Françoise Littan n’a pas réussi à apporter de réponse
3 commentaires
Antoine Aubert
Comme je le dis dans la recension, le problème, selon moi, est que les sources citées, dans les notes ou dans le texte même, concernent très (trop) souvent l’un des ouvrages rédigés par Margherita Sarfatti, ouvrages dont vous évoquez vous-même, dans le livre, les limites évidentes. Sauf dans la partie bibliographique, la documentation historique que vous qualifiez d’« homologuée » n’apparaît que très rarement. Quant aux ouvrages d’art et les chroniques littéraires, ils n’interviennent que dans le cas d’éléments secondaires et non lorsque vous abordez directement la vie de la protagoniste principale. Voilà pourquoi au final, votre ouvrage, sur un plan historique, est, selon moi, à considérer avec réserve.
Pour ce qui est de l’argument de la biographie « chasse gardée » des historiens, je ne vois pas en quoi il me concerne puisque je ne suis pas historien mais journaliste. Je ne crois donc pas pouvoir être soupçonné de défendre une paroisse. J’ai néanmoins étudié pendant 5 ans l’histoire à l’université. J’ai écrit deux mémoires, et j’ai appris à cette occasion ce qu’était que traiter les sources comme un historien. Je ne pense pas que les sources aient été utilisées de cette manière dans votre ouvrage.
françoise liffran
pouvez-vous m'expliquer en quoi le fait de m'appuyer non seulement sur la documentation historique "homologuée" mais sur les nombreux écrits - ouvrages de propagande, essais sur l'art, romans, articles politiques (y compris ses rewritings pour Mussolini), critiques artistiques, chroniques littéraires et sociétales, correspondance privée, mémoires du personnage dont j'écris la biographie, implique qu'il faille la "considérer avec réserve"?
Un historien digne de ce nom contourne-t-il donc avec méfiance de tels documents, à ses yeux "suspects"?
Ne feriez vous pas écho à ces historiens qui ont des difficultés à penser que la biographie n'est pas leur chasse gardée et qui croient défendre contre les usurpateurs leur "domaine" assiégé en brandissant ce mot-totem d'objectivité dont ils auraient l'exclusivité …
mais dont la pertinence a fait depuis lurette long-feu.
Je suis prête à en reparler avec vous, à l'occasion…
pepita