Rédacteur

Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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La librairie du XXIe siècle a 20 ans! Entretien avec Maurice Olender
[mardi 10 novembre 2009 - 10:00]
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Pour nous, ce qui importe c’est d’entrevoir que le numérique marque une nouvelle étape dans l’alphabétisation, donc la démocratisation (toujours incertaine) de la planète. Il y a un lien entre « alphabet », « monnaie » et « démocratie » :  le numérique ne les articule-t-il pas en un lieu de compétence qui peut aussi être un espace de créativité ludique ? Pourquoi ne pas voir se dessiner de multiples avenirs numériques, entre payant et gratuit, où l’on créera des modèles alternatifs porteurs d’inventions inédites, tant culturelles qu’ économiques ?

Tardivement, les éditeurs semblent enfin sortir de leur torpeur. Le jour où les catalogues de fonds seront entièrement disponibles,  où les éditeurs seront en mesure de fournir le livre demandé à l’unité… ces unités feront des millions d’exemplaires. Et les sites des librairies indépendantes d’aujourd’hui et de demain, sans doute alors associés y compris avec de modestes librairies, sauront  par leur offre inciter à un choix singulier, trouveront leur place aux côtés des grandes plates-formes – même si ces enseignes anonymes aiment (et pour cause) emprunter les noms de quelque figure mythique grecque…

Personne ne pourra supprimer l’artisanat qui gouverne l’établissement d’un texte. Quel qu’il soit. Ni l’usage alphabétique des SMS ou plus récemment de ces  gazoullis nommés tweets (dont twitter est l’outil). Pas plus qu’on ne pourra gommer  la créativité liée au livre qui suppose le travail si minutieux  des correcteurs de textes, ces oubliés de l’histoire de la culture en Occident depuis la Renaissance (sans eux il n’y aurait  pas de livre, ni sur écran, ni sur papier), ni non plus destituer l’éditeur de sa structure artisanale, ni le libraire de sa librairie. Sans écriture, lue et relue par les correcteurs,  il n’y a plus de grammaire ni de syntaxe quelle qu’elle soit, ni de lieu commun permettant de la lecture – pas plus que sans valeur partagée il ne peut y avoir de sociabilité.

Entre lire à l’écran  et tourner les pages d’un livre, il y aura toujours un espace suffisant pour que l’une de ces pratiques cohabite avec l’autre – voire l’une dynamisant l’autre. Les catastrophistes de tous bords imaginent toujours le pire qui, sans être exclu, ne peut jamais devenir un programme d’avenir. Ils oublient que l’être humain, fondamentalement mobile, multivoque, adore découvrir ce qui lui échappe… Peut-être  désire-t-on autant cumuler les approches, creuser les écarts que les combler ? Les diverses formes de créativité humaine suivent souvent des traverses inattendues : entre maîtrise et lâcher prise, entre rêves de grand écart et réalisations  de projets adéquats.


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On trouve en librairie le catalogue de la collection, un volume de 210 pages  réunissant les textes présentant les 143 premiers livres, leurs auteurs et un index intitulé « D’un livre à l’autre », proposant de nombreux repères transversaux et en ouverture, un entretien avec Maurice Olender. Par ailleurs, Le cabinet d’amateur, un roman de Georges  Perec, est offert, en collector édité à l’occasion des vingt  ans de « La Librairie du XXIe siècle ».

 

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1 commentaire

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alouette

12/11/09 14:45
Voilà un bel entretien qui permet de se glisser dans les coulisses d'un passionnant projet éditorial. Un éditeur créateur qui brise les frontières entre les disciplines et démocratise la culture, ça se fête !

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