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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Les Berlinois emmurés
[jeudi 05 novembre 2009 - 05:00]
Histoire
Couverture ouvrage
Berlin-Ouest : histoire d’une île allemande
Jacqueline Hénard
Éditeur : Perrin
248 pages
Résumé : Une chronique de Berlin-Ouest de 1945 à 1989.
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Une chronologie détaillée, ainsi que huit pages de cartes et de tableaux, aident à saisir toutes les spécificités du territoire ouest-berlinois au fil de ces quarante quatre ans. Une ville qui peut faire le grand écart entre le village de Lübars et ses 850 exploitations agricoles, maintenues telles quelles après le blocus de 1948   par les puissances occidentales pour faire face à un éventuel nouveau blocus, et la cité de grands ensembles de Gropiusstadt, construite dans les années 1960, semblable aux banlieues françaises.

« La frontière a mal vieilli »

L’auteur mêle aux récits des souvenirs personnels. Ceux-ci deviennent intéressants à l’approche de l’automne 1989. La journaliste couvre alors l’actualité d’Europe de l’Est depuis Vienne et assiste le 2 mai 1989 à une conférence de presse des officiels hongrois. Elle rapporte les propos d’un garde-frontière : « La "frontière de la paix" a mal vieilli. Le barbelé est rouillé et devrait donc être changé tout le long de ses 354 kilomètres. Etant donné, d’un côté, le coût de cette opération, de l’autre, l’endettement de la Hongrie, le pays a décidé (…) de "changer d’analyse idéologique" et de procéder au démontage du rideau de fer. »  Suivra, pendant l’été 1989, la fuite de milliers d’Allemands de l’Est vers l’Ouest, via la Hongrie et l’Autriche.

Les récits Jacqueline Hénard tendent parfois à l’anecdote, comme le chapitre sur les motards, frustrés de leur espace de jeu trop restreint, ou autour du rapport des Berlinois de l’Ouest à leurs célébrités. L’ensemble tient certes plus du recueil de chroniques que du livre d’histoire, mais brosse un portrait précis de Berlin-Ouest tel que ses habitants l’ont vécu jusqu’à la chute du mur.

 

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