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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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"Confesser un meurtre" : la première esquisse de Darwin
[mardi 03 novembre 2009 - 05:00]
Histoire des sciences
Couverture ouvrage
Esquisse au crayon de ma théorie des espèces
Charles Darwin
Éditeur : Slatkine
153 pages / 28,50 € sur
Résumé : Un très bel ouvrage, qui traduit la première esquisse, haletante, de la théorie darwinienne.
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On retient en général que l’essai est divisé en deux parties. L’Esquisse s’ouvre par un exposé des principes de variation et de sélection, qui forment la base du mécanisme darwinien pour l’évolution des espèces. En particulier, le second chapitre de la première partie introduit les mots " natural selection", comme sous-titre d’une section. Puis la seconde partie traverse différents domaines : embryologie, distribution géographique, données fossiles. Toutefois, Darwin a écrit en tête de la "seconde partie" qu’il s’agissait en réalité de la troisième partie . Le texte se clôt par une phrase célèbre ("There is grandeur,etc."), déjà esquissée dans le Carnet D et que Darwin conservera, plus ou moins modifiée, comme phrase finale de L’Origine. Au terme de l’Esquisse, Darwin a parcouru l’ensemble du trajet qui l’a conduit de sa conviction originelle en la stabilité des espèces, à l’admission de leur mutabilité. Il s’agit donc ici d’une formulation développée de cette thèse dont il dira, dans une lettre à son ami le botaniste J.D. Hooker, que l’admettre est "comme confesser un meurtre".

L’édition proposée par les éditions Slatkine sous la direction de Patrick Tort, est un très beau volume : élégant dans sa présentation, précis dans son information, précieux par ses nombreuses annexes et documents. Le texte de la traduction, soucieux de rester intelligible, a parfois dû sacrifier un peu de l’énergie ou de la fièvre du style darwinien. Mais comme le volume donne aussi, chose rare et fort utile, le texte anglais de l’Esquisse, le lecteur pourra toujours se livrer à l’exercice de retraduire pour son propre compte . Il s’agit donc d’une édition bilingue, dont les éditeurs n’ont pourtant pas choisi d’adopter la présentation classique (texte original à gauche, traduction à droite). Pourquoi n’avoir pas favorisé les comparaisons et le recours à l’original anglais ? Ce sera notre seul bémol sur ce qu’il faut saluer comme un exceptionnel travail. Contrairement au sacrilège article Bibliomanie de l’Encyclopédie qui suggérait aux lecteurs d’arracher à chaque ouvrage les quelques pages valables, on se gardera bien de recommander aux lecteurs de démembrer ce beau volume et de le recomposer pour former une authentique édition bilingue. On se bornera à se réjouir d’en avoir ici les indispensables éléments.

A lire également sur nonfiction.fr :

- notre dossier consacré à Darwin

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