La phrase

On retombe sur des structures finalement très classiques. Quand un acteur devient trop puissant ceux qui l’environnent cherche le soutien d’une puissance extérieure pour le contrebalancer. Les relations internationales restent et seront toujours mues par l’intérêt des Etats. Le pragmatisme a donc de l’avenir et la géopolitique classique, de beaux jours devant elle

Gérard Chaliand, entretien à  nonfiction.fr

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

C N L

CNL
De Dieu comme explication la plus (ou moins) simple
[vendredi 23 octobre 2009 - 00:00]
Philosophie
Couverture ouvrage
Y a-t-il un Dieu ?
Éditeur : Editions d'Ithaque
136 pages / 18 € sur
Résumé : Un essai qui tente de prouver l'existence de Dieu en montrant que le théisme est la plus simple hypothèse pouvant expliquer l'ordre de notre monde.
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Il faut néanmoins apporter une précision. Le lecteur pourrait s’étonner de l’affirmation selon laquelle le théisme à une valeur prédictive. Mais cette affirmation n’est rendue possible que par un tour de passe-passe : Swinburne décide d’appeler « prédiction » toute explication, y compris celle de faits passés et présents, sous prétexte que le fait de savoir si oui ou non la théorie peut vraiment nous amener à faire des prédictions sur le futur n’est pas épistémologiquement pertinent. On entendrait presque Popper se retourner dans sa tombe. Il ne faut donc pas prendre Swinburne au pied de la lettre quand il vante la valeur « prédictive » de l’hypothèse théiste : traduit dans le langage commun, cela signifie juste que cette hypothèse a une valeur « explicative ». Mais passons.

 

L’argument par l’ordre du monde

 

Il faut donc prouver que, pour une (ou plusieurs) classe(s) de phénomènes, le théisme est la théorie la plus simple. Swinburne met ainsi en compétition trois théories distinctes. La première, le théisme affirme que Dieu existe et qu’il est l’auteur du monde. La seconde, que Swinburne appelle le matérialisme affirme que tout ce qui arrive dans le monde est causé par les réalités qu’étudient la physique (mais pas que tout ce qui existe est physique, parce que pour Swinburne une telle théorie, qui est ce que l’on appelle couramment matérialisme, est « à l’évidence erronée »  sic !). La troisième, l’humanisme, est la théorie selon laquelle ce qui arrive dans ce monde doit être expliqué par l’action de deux types d’entité : celles qu’étudient la physique et des personnes.

Les chapitres 4 à 7 confrontent ces trois théories à quatre types de phénomènes : le monde et son ordre (chapitre 4), l’existence humaine (chapitre 5), le mal (chapitre 6) les expériences religieuses et les miracles (chapitre 7). En fait, (pour des raisons qui seront précisées plus bas) seuls les chapitres 4 et 5 sont de véritables arguments en faveur de l’existence de Dieu, et le chapitre 4 est en fait le plus convaincant. C’est pourquoi nous allons entrer dans son détail.

L’argument prend pour point de départ l’existence du monde et de son « ordre ». Partant du principe que « l’état de chose probablement le plus naturel serait qu’il n’existe tout simplement rien »   (pourquoi ?), il faut que quelque chose soit apparu au hasard. Mais les particules élémentaires qui composent notre monde physique ont cette fantastique propriété de justement posséder toutes les mêmes propriétés, ce qui rend le monde si ordonné. N’est-ce pas un fantastique hasard que toutes ces particules aient exactement les mêmes propriétés ? et que celles-ci restent identiques au cours du temps ?  Comment l’expliquer ? Le matérialisme et l’humanisme sont là confrontés à un grand nombre de faits premiers et inexplicables. Le théisme leur est supérieur : il suppose un seul fait inexplicable (l’existence de Dieu) qui permet d’expliquer tous les autres faits en manque d’explication. L’hypothèse théiste serait donc préférable parce qu’elle laisse un moins grand nombre de faits inexpliqués et postule l’existence d’une seule entité (Dieu) au lieu d’une foultitude de particules semblables. L’argument est complété par un autre, proche, qui part de l’observation selon laquelle il était peu probable que les lois de la nature soient favorables à l’apparition de la vie, ce qui encore une fois s’explique plus facilement en postulant l’existence de Dieu (le fameux argument « anthropique »).

 

Florian COVA
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Titre du livre : Y a-t-il un Dieu ?
Auteur : Richard Swinburne
Éditeur : Editions d'Ithaque
Titre original : Is there a God ?
Nom du traducteur : Paul Clavier
Collection : Collection Philosophie
Date de publication : 12/10/09
N° ISBN : 2916120092
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14 commentaires

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Florian Cova

26/10/09 19:12
@Maître Nouillesque : Nan ! C'est la licorne invisible ! Elle est plus "simple" car elle n'a qu'une corne tandis que le FSM a deux boules. Na !

(Et puis, l'existence du FSM est réfuté par le fait que les pirates aient disparu, non ?)
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Maître Nouillesque

26/10/09 17:04
Le Monstre en Spaghettis volant est une hypothèse qui peut tout expliquer, en s'y prenant bien. Donc, c'est l'hypothèse la plus raisonnable. CDFD.
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Lama Teurdam

26/10/09 15:24
La question n'est pas tant de savoir si Dieu existe ou non (Kant n'a-t-il pas tranché ce point ?), mais si l'on peut aboutir à une conception cohérente après avoir rapproché ce que nous "savons" de Dieu et ce que nous savons du monde, cet épouvantable boxon.
Pour ma part, j'y ai renoncé, c'est pourquoi j'aurais aimé en savoir un peu plus sur son argumentation quant au Mal.
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Florian Cova

25/10/09 17:44
C'est effectivement une question que je me posais en lisant le livre : Swinburne ne discute pas une certaine forme de panthéisme qui, par exemple, attribuerait au monde une certaine force d'auto-organisation. Quand à la "simplicité, j'ai l'impression qu'il y a parfois confusion entre plusieurs types de simplicité, le mot étant effectivement hyper-polysémique.
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Sylvain Reboul

25/10/09 15:34
Pourquoi pas Dieu ou si l'on veut la nature ounature naturante , comme l'affirmait Spinoza? Ce qui en effet change tout!

le Dieu chrétien et créationniste est tout sauf rationnellement simple: la trinité, l'incarnation , la résurrection sont des mystères. Comment concilier mystère et explication rationnelle simple? Mystère...
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