Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 
Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.
Bientôt de nouveaux résultats !
Le ministère de la Culture et de la Communication a indiqué, hier, qu’il confiait à l’ancien patron du Centre national de la cinématographie (CNC) et de France Télévision, la présidence de la commission sur la numérisation des fonds patrimoniaux. Le travail de cette commission sera d’ « étudier l’opportunité et les modalités d’un éventuel accord avec un opérateur privé, pour numériser ou mettre en ligne les fonds des bibliothèques », en prenant en compte « la libre disposition du patrimoine numérisé national, la parfaite conservation, sur le long terme, des fichiers numérisés, la visibilité de la culture et l'accès aux contenus français sur Internet, l'intérêt économique et financier pour l'Etat et le contribuable et le message politique à adresser à la communauté internationale. »
Marc Tessier, qui avait remis au ministère de la Culture un rapport sur La Presse au défi du numérique sera assisté du président de l’INA et auteur de Mémoire : année zéro (Seuil), Emmanuel Hoog, du conservateur en chef de bibliothèques Olivier Bosc, du responsable des archives et du développement numérique chez Gallimard, Alban Cerisier, et de François-Xavier Labarraque, en charge du développement et de la stratégie de Radio France.
Il était initialement prévu que la commission soit dirigée par l’ancien patron des éditions Fayard, Claude Durand. Mais ce dernier, outre qu’il reconnaît ne pas être très porté sur les nouvelles technologies, a dénoncé « l’amateurisme » des services ministériels. A quelques heures de l’installation de la commission, il n’avait toujours pas reçu de lettre de mission. Or un « cadrage » n’était pas forcément inutile étant donnés les avis différents de François Fillon et de Frédéric Mitterrand quant à un accord avec Google.
Cela explique ce commentaire de David Caviglioli sur Bibliobs : « Avec un peu de perspective historique, on se demande ce qu'il serait advenu de l'imprimerie si Frédéric de Habsbourg avait chargé des moines copistes de diffuser l'invention de Gutenberg, sans même leur dire s'il fallait le faire ou non. »![]()
1 commentaire
Lecteur
Qui défendra la "libre disposition du patrimoine numérisé" si on laisse la discussion se faire entre le ministère qui chapeaute l'agence photographique de la Réunion des Musées Nationaux (1) et les représentants du marché des oeuvres dont les auteurs sont vivants (beaux-arts, littérature, cinéma) (2) ?
Les photographies de la Mission Héliographique de 1851 (3) doivent être numérisées et mises en libre accès sur internet sans droit d'auteur.
(1) qui entend consolider son monopole de la photographie des oeuvres, et passer outre le code de la propriété intellectuelle qui indique pourtant que les oeuvres anciennes ne sont plus protégeables au titre du droit d'auteur, parce que l'auteur est mort il y a bien longtemps.
(2) qui ont un droit légitime de restreindre ou monayer l'accès à leurs oeuvres car ils sont les véritables auteurs.
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Mission_h%C3%A9liographique