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L'existence même de la réunion du 28 juillet sur les Roms était indigne d'un gouvernement qui se réclame de la République, les annonces faites par Brice Hortefeux sont dans la continuité. 
Pouria Amirshahi, secrétaire national du PS aux droits de l'homme

Jean-François Braunstein est professeur de philosophie contemporaine à la Sorbonne et secrétaire de la Maison d'Auguste Comte. Incarnant sans ambiguïté le XIX siècle, Comte influence-t-il encore la pensée contemporaine et que retenir d'un philosophe qui désirait pratiquer intellectuellement (et socialement) un culte des morts comme il avait célébré celui de son égérie idéalisée, Clotilde de Vaux, et dont la disparition avait infléchi le contenu même de son oeuvre ? Faut-il penser avec R. Aron que la politique scientifique élaborée par Comte comporte une dimension totalitaire, non sans parenté avec le marxisme, parce qu'elle prétend fonder une religion "positive" de l'Humanité, destinée à faire dominer les "instincts sympathiques", l'altruisme, en se référant non pas au Christ mais à une sociologie scientifique normative et prescriptive plus que descriptive?
Ce n'est pas l'un des seuls ni des moindres paradoxes de cette pensée comtienne, comme en témoigne l'ouvrage de Jean-François Braunstein, La philosophie de la médecine, qui aborde plus précisément le rapport entre sociologie et biologie, sociologie et médecine, et discute de la classification des sciences proposée par Comte : hiérarchisation et systématisation qui font de lui un précurseur de l'histoire des sciences, dont la chaire fut créée au Collège de France en 1872 mais occupée par un "disciple", Lafitte.
Philosophe éminemment contradictoire, quasiment, dont l'oeuvre reflète tout autant une volonté scientifique et "positive", au sens consacré par Comte lui-même, qu'une propension à spiritualiser les enjeux scientifiques. La classification des sciences, pratiquée par Comte, si elle n'emprunte rien à la méthode ni à la métaphysique cartésiennes – préoccupée par la nécessité d'unifier philosophiquement les sciences – aboutit à l'idée d'une science reine, la sociologie, dont la vocation scientifique fait l'objet d'une reprise philosophique et, enfin, d'une "interprétation" religieuse. Ainsi, dans le comtisme, selon Jean-François Braunstein, l'on pourrait repérer l'expression inattendue d'un "post-positivisme", un mélange surprenant de science et de religion, dont le XIX siècle serait d'ailleurs friand. Se voulant "Grand Pontife" de l'Humanité, Comte ne traduit-il pas là sa propre folie, dont le suspectèrent ses contemporains comme ses successeurs, à juste titre, si l'on en croit sa correspondance ? Il faut garder à l'esprit que la philosophie comtienne revendique dans la première partie de l'oeuvre, en particulier, l'âge positif, supposé avoir dépassé les âges théologiques et métaphysiques mais qu'elle souscrit finalement à une philosophie de l'histoire continuiste : Comte pense fondamentalement que les morts instruisent les vivants et que la tradition l'emporte en valeur sur toute forme de rupture et de révolution, idée reprise, d'après Jean-François Braunstein, par Ch. Maurras, et qui signe le conservatisme politique de Comte.
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