On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

Bien qu'il soit délicat d'estimer l'importance actuelle de la communauté juive en Pologne, tout simplement car la définition de la judaïté est tout à fait ouverte, l'ordre de grandeur est de 10 000 membres. Dans la conclusion de son livre, l'auteur aborde les questions identitaires, non seulement pour les Juifs mais aussi pour les Polonais. Il montre comment, grâce au travail de mémoire qui commence à se mettre en place, par exemple autour du Musée de l'histoire des Juifs de Pologne dont l'ouverture est prévue en 2012 (p.262), l'identité polonaise se redessine, non pas ('non plus' ? cf. p. 32) autour de l'antisémitisme, mais sous la forme d'identités hybrides nourries d'un rapport à l'autre plus apaisé. Les Juifs sont mieux acceptés, certains osent vivre une "désassimilation" sans pour autant qu'il soit question de "folklorisation" (p.260).
Enfin, il faut souligner que ce livre est doté d'un appareil critique efficace, avec une chronologie détaillée d'une dizaine de pages, un index des noms et des personnes plus exhaustif que la bibliographie, limitée à une page. Deux cartes, portant sur les "Lieux de mémoire juifs en Pologne" et les "Principaux ghettos établis par les nazis, en 1942, sur le territoire polonais dans les frontières d'avant-guerre" complètent fort utilement cet ouvrage qui devrait passionner tous les publics![]()
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