Rédacteur

Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Un travail de mémoire se met en place en Pologne
[mardi 04 août 2009 - 11:00]
Europe
Couverture ouvrage
La fin de l'innocence : La Pologne face à son passé juif
Jean-Yves Potel
Éditeur : Autrement
225 pages / 20.90 € sur
Résumé : Si de nombreux ouvrages sont déjà consacrés à l'histoire des juifs en Pologne, celui-ci a surtout le mérite de donner les clefs pour comprendre les débats et enjeux contemporains.
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Par moment, on peut avoir l'impression que Potel donne un peu trop de détails au sujet des discussions qui concernent l'érection de monuments à la mémoire de l'extermination systématique des Juifs, dont les Polonais furent le peuple témoin tout en étant eux-mêmes des martyrs de la guerre. Au contraire, ce n'est que dans une note (p.214) qu'il aborde la responsabilité toujours actuelle, de la radio catholique "Radio Maryja", dans la diffusion de discours ouvertement négationnistes et antisémites.


Bien qu'il soit délicat d'estimer l'importance actuelle de la communauté juive en Pologne, tout simplement car la définition de la judaïté est tout à fait ouverte, l'ordre de grandeur est de 10 000 membres. Dans la conclusion de son livre, l'auteur aborde les questions identitaires, non seulement pour les Juifs mais aussi pour les Polonais. Il montre comment, grâce au travail de mémoire qui commence à se mettre en place, par exemple autour du Musée de l'histoire des Juifs de Pologne dont l'ouverture est prévue en 2012 (p.262), l'identité polonaise se redessine, non pas ('non plus' ? cf. p. 32) autour de l'antisémitisme, mais sous la forme d'identités hybrides nourries d'un rapport à l'autre plus apaisé. Les Juifs sont mieux acceptés, certains osent vivre une "désassimilation" sans pour autant qu'il soit question de "folklorisation" (p.260). 


Enfin, il faut souligner que ce livre est doté d'un appareil critique efficace, avec une chronologie détaillée d'une dizaine de pages, un index des noms et des personnes plus exhaustif que la bibliographie, limitée à une page. Deux cartes, portant sur les "Lieux de mémoire juifs en Pologne" et les "Principaux ghettos établis par les nazis, en 1942, sur le territoire polonais dans les frontières d'avant-guerre" complètent fort utilement cet ouvrage qui devrait passionner tous les publics.
 

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