Rédacteur

Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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Politiques de la mort : les envers funéraires du gouvernement représentatif en France (1814-1840)
[mardi 28 juillet 2009 - 10:00]
Histoire
Couverture ouvrage
La France des larmes. Deuils politiques à l'âge romantique (1814-1840)
Emmanuel Fureix
Éditeur : Champ Vallon
501 pages / 28,51 € sur
Résumé : Entre 1814 et 1840, le culte des grands hommes, héros ou martyrs, devient un moyen privilégié de communication et d’expression politique.
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           L’intérêt du sujet, la rigueur de la méthode, la qualité de l’écriture, une bibliographie très riche, confirment le verdict élogieux d’Alain Corbin : l’ouvrage d’Emmanuel Fureix est un « grand livre ». Et comme tous ceux qui ont le privilège d’appartenir à cette catégorie, il appelle de ces questions nées au fil de la lecture : n’y a-t-il pas eu de deuils de souveraineté sous l’Empire, à l’occasion de la mort de certains maréchaux par exemple, ou de deuils protestataires ? Le cas de la capitale est-il un cas si résolument et exclusivement à part, qu’il ne faille intégrer au champ de recherche ni comparaison avec d’autres villes (ou villages) de France, ni avec l’étranger ? Qu’en est-il (si bien sûr il en existe) des funérailles d’opposition légitimistes sous le Second Empire, ou sous la Troisième République ? Pourquoi n’avoir pas compris dans l’analyse les funérailles, si importantes pour la monarchie de Juillet, du Prince royal en 1842 ? Quels sont les usages politiques du cadavre pendant les révolutions de 1830 et de 1848 ?

           A toutes ces questions, La France des larmes fournit des éléments de réponse, comme elle invite au prolongement des perspectives ouvertes. Elle offre, enfin, une entrée sur le monde contemporain, où la « vertu sociale du cadavre »  , qu’il s’agisse d’un « martyr » de la cause palestinienne dans la bande de Gaza ou des funérailles de l’abbé Pierre à Notre-Dame, est encore très largement d’actualité.

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