Aux confins de la consommation
[lundi 27 juillet 2009 - 13:00]
Environnement et développement durable
Confessions of an eco-sinner
Fred Pearce
Éditeur : Eden Project Books
400 pages
Mine de chiffres, de connaissances pratiques sur un monde que nous connaissons bien mal, le livre pourrait aisément donner le vertige s’il n’était assorti de récits de rencontres et de témoignages sur la condition humaine dans les différentes escales de l’économie mondiale. Si vous ignoriez le sort des habitants du Bangladesh et de sa mangrove, menacés par la mafia de la crevette, vous le connaîtrez. Si vous ne saviez pas quelle seconde vie pourrait connaître votre ordinateur dans une école africaine, vous le saurez. De façon plus superficielle, cet ouvrage pourrait même vous permettre de briller dans les dîners en ville ! Le roman du village planétaire en format « non–fiction ».
Mais la démarche est surtout très utile, à quelques mois de la conférence des parties de Copenhague, en plein débat sur la biodiversité, et sur la diversité, la conservation et le partage des semences agricoles. Il est temps de passer aux actes de politiques qui en matière d’écologie, sont encore trop proclamatoires et par-là, trop approximatives. Derrière une démarche empirique se cache une invitation à l’examen rigoureux de notre mode de vie et de ses manifestations concrètes, sans dogmatisme : le mieux n’est pas toujours là où l’on croit, comme pour les haricots du Kenya.
Jamais fataliste, le livre s’achève sur les potentialités d’une espèce humaine prise dans un moment décisif. A l’instar d’une population d’homo sapiens réduite à 2.000 individus, mais sauvée, il y a 73.000 ans (après l’éruption du Mont Toba, la plus grande éruption en 25 millions d’années), par son organisation sociale, dans un hiver volcanique qui a duré mille ans, notre inventivité pourrait à nouveau nous guider… L’auteur cite l’ingéniosité des citadins qui produisent leur propre nourriture (1 citadin sur 4, 1 repas sur 5 étant « cultivé » dans une ville), le savoir-faire des agriculteurs nigérians de Kano, pour qui la combinaison entre la culture du pois et l’élevage de moutons a déjoué la dégradation des sols, l’inventivité des nouveaux architectes de la ville durable, définie plutôt sur le modèle de Paris ou Copenhague que de Los Angeles.
Lues sans a priori et sans snobisme, les Confessions d’un éco-pécheur peuvent ouvrir à la compréhension des produits, des hommes et de la nature qui nous entoure
2 commentaires
TT80
benoit equisol
merci pour cet article qui donne envie de découvrir cette enquête. Pour poursuivre ce type de réflexion rendez vous au salon européen de commerce équitable à la Halle Tony Garnier de Lyon du 2 au 4 octobre prochains. L'occasion de rencontrer des professionnels du secteur, des producteurs, des importateurs, des organisations de certifications, etc. et de faire le point sur les avancées des organisations de commerce équitable.
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Au plaisir de vous rencontrer au salon.
Benoît HOUSSIER / Equi'Sol