La phrase

Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS.

Jacques Julliard, entretien à  nonfiction.fr

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

C N L

CNL
L'amateur d'art, à la fois social et culturel
[mardi 30 juin 2009 - 05:00]
Histoire de l’art
Couverture ouvrage
Les amateurs d'art à Paris au XVIIIe siècle
Éditeur : Champ Vallon
387 pages / 29 € sur
Résumé : Cet ouvrage dévoile l'importance des réseaux sociaux dans le monde de l'art et focalise pour cela son attention sur le rôle de l'amateur d'art.
Page  1  2  3 

Une nouvelle histoire culturelle de l’art

Plusieurs apports singularisent l’ouvrage. En premier lieu, en mettant l’accent sur les différents personnages qui peuplent cet univers de l’art, il enrichit la description d’un monde composé de "médiateurs qui ne sont pas dans une relation secondaire par rapport à l’oeuvre : ils participent activement à sa création, à sa reconnaissance et à sa réception, grâce aux relations d’interdépendance qui structurent les mondes de l’art" (15). Influencé par les travaux sociologiques d’Howard Becker, le livre donne une idée plus juste et plus complexe de ces connections sans partir d’une hiérarchie ou d’une stratification a priori (l’académie, la corporation, les lieux de vente, etc), mais en ayant toujours le souci de ressaisir l’espace dans lequel l’amateur voit reconnaître ses pratiques. Ainsi, sa méthode vise à ne pas partir de définitions préalables ou univoques afin de "respecter la polysémie du terme", mais surtout afin de suivre les opérations de qualification des individus, des pratiques et des objets.

C’est bien le monde de l’art qui devient amateur au XVIIIe siècle, qui est reconfiguré à partir de ce nouveau centre de gravité : "le XVIIIe siècle est l’âge d’or de l’amateur, entre l’apogée du mécène au XVIIe siècle et celui du collectionneur au XIXe siècle" (339). La grande force de l’ouvrage est de montrer que ce monde de l’art n’est rien sans la prise en compte des réseaux sociaux, de l’inscription institutionnelle et de la relation mondaine qui se tisse entre l’amateur et l’artiste. Il ne s’agit pas d’une contextualisation  mais bien d’une clé essentielle pour comprendre les oeuvres elles-mêmes : "L’amateurisme devient ainsi un "nouveau régime artistique" qui contraste avec d’autres régimes de pratiques culturelles (comme celui des sciences par exemple), car "l’exceptionnalité de l’oeuvre d’art s’oppose à la répétition possible des expériences dans le domaine des sciences" (343). Il ne s’agit donc pas de réhabiliter une figure sociale oubliée ou minorée, mais bien de saisir à partir d’elle, les effets d’un changement social et culturel. Figure "plurielle, constitué par un faisceau de pratiques", l’amateur d’art apparaît à la fois hégémonique et discret. Sa force est justement dans cette banalité de la distinction et du jugement individuel qui correspond aux réflexions philosophiques du XVIIIe siècle : "Siècle du goût, le XVIIIe siècle s’interroge sur les critères légitimes du jugement artistique : sentiment contre raison, subjectivité de la représentation contre universalité de l’Idée de Beau"  . Ce marqueur en apparence modeste permet ainsi à l’historien d’art de souligner "l’abandon progressif des phénomènes collectifs et professionnels de reconnaissance identitaire et montre le succès des formes nouvelles et individuelles d’affirmation de soi"  . Mais avec l’irruption du musée, la figure de l’amateur éclate au XIXe siècle.

En second lieu, l’auteure explore le rôle des objets et leurs places dans la justification de cette représentation sociale de l’amateur. La centralité accordée à la collection pourrait étonner ceux qui auront compris que l’amateur n’est pas un collectionneur, mais selon Charlotte Guichard, "la collection devient le lieu d’une politique de la valeur". Par rapport aux études classiques, le livre montre comment se crée un "espace privé de l’admiration" structuré par le rituel de la visite mondaine et par les codes de l’aristocratie. Le rapport à l’objet n’est pas uniquement dicté par la valeur des oeuvres mais aussi par une réflexion influencée par la philosophie lockienne en termes de connaissance. Une esthétique "décorative", celle du lieu d’exposition y côtoie une esthétique de la possession qui passe désormais par la valorisation de la manipulation et de la prise des oeuvres d’art. Ce registre de l’amour de l’art, habilement disséqué par Charlotte Guichard, appelle bien des prolongements pour d’autres univers de pratiques culturelles de l’Ancien Régime. Il souligne aussi une spécificité française dans l’Europe des Lumières.

Stéphane VAN DAMME
Page  1  2  3 
Titre du livre : Les amateurs d'art à Paris au XVIIIe siècle
Auteur : Charlotte Guichard
Éditeur : Champ Vallon
Collection : Epoques
Date de publication : 23/10/08
N° ISBN : 2876734923
Commenter Envoyer à un ami imprimer Charte déontologique / Disclaimer digg delicious Creative Commons Licence Logo

1 commentaire

Avatar

km

26/12/09 14:59
Voici l'adresse internet d'un vrai artiste,que je vous invite à découvrir :

www.thomannejeanartiste.com

Déposez un commentaire

Pour déposer un commentaire : Cliquez ici