On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.
Suite à la censure par le Conseil constitutionnel, mercredi 10 juin, du dispositif de sanctions prévu dans la loi Hadopi, le syndicat national de l'édition a publié, mardi 16 juin, un communiqué dans lequel Serge Eyrolles, président du SNE, fait de cette mesure "une régression démocratique". "Les contenus culturels vont pouvoir être pillés et accessibles gratuitement" ; en prenant cette décision, le Conseil constitutionnel "consacre la victoire des géants de l'Internet sur les créateurs culturels", déplore Serge Eyrolles.
"Dans ce contexte, les auteurs et éditeurs restent confrontés à Google, qui a numérisé sans autorisation des millions de livres et continue de le faire". Désormais, "Google est conforté dans son action en contrefaçon engagée en France en 2006".
Après avoir été poursuivi en justice par l'Authors Guild et l'Association of American Publishers, Google était parvenu à trouver un terrain d'entente avec les auteurs et les éditeurs américains. Mais, ainsi que l'indique le site Slate.fr, cet arrangement a été très critiqué par certains spécialistes du droit d'auteur et de la défense des consommateurs, entraînant "l'ouverture d'une enquête par le département de la Justice américain sur la situation de monopole que permettrait un tel accord". En effet, "au lieu de poursuivre la mission première de Google qui était d'organiser l'information mondiale, l'accord donnerait à Google et à l'industrie de l'édition un pouvoir inégalé sur le nouveau marché des livres électroniques". Pour Serge Eyrolles, il est indispensable que des "choix" soient faits concernant le "règlement passé entre Google et les éditeurs américains ; réglement qui selon lui, n'engage pas les auteurs et les éditeurs français.
Alors que les éditeurs français s'efforcent de participer à la mise en place des futures bibliothèques numériques européennes, Google, en numérisant de manière effrénée et illégale les livres papiers, s'impose, par "un coup de force".
"Ce n'est pas en laissant une société privée commerciale américaine prendre une position dominante en matière de livre numérique que l'on favorisera à terme la diffusion de la pensée et de la littérature française et européenne".
Une fois de plus, la loi Hadopi lance le débat![]()
À lire :
- Votre requête a renvoyé 12 millions de livres (16.06.09), Slate.fr.
4 commentaires
democrateek
Si vous avez des propositions à faire sur comment réguler intelligemment les téléchargements, il y a un nouveau site qui vient d'être lancé.
C'est un projet associatif et indépendant, où tout le monde peut rentrer ses propositions. Chacun vote sur les propositions des autres, et on arrive avec un programme politique entièrement construit par les citoyens. Ca change un peu du "je suis d'accord / je suis pas d'accord", parce que là, c'est nous tous qui proposons !
Alors si ça vous tente, allez faire un tour sur www.democrateek.fr
lolotux
En effet, les ayant droits payant une société privée pour récolter de adresses IP, sans que personne ne connaisse le protocole de récolte, ne connaisse l'exactitude de la méthode...
Ceci entrainant alors le fait qu'il n'y aurait pas eu de preuve au sens judiciaire, accusant alors peut-être à tord un internaute, une famille ou quiconque sur la base de "je vous le dis c'est eux !".
Si ce genre de justice vous manque, revoyez vos principes !
chlegoff
Contrairement aux idées reçues, les jeunes lisent de plus en plus. Ils lisent moins de livres mais de plus en plus sur la toile. Si le monde de l'édition se dispose plus pragmatique et opportuniste que les Majors, contrairement à ce que craint Serge Eyrolles qui raisonne comme au XX ième siècle, des nouveaux modèles commerciaux se révèleront très lucratifs et favoriseront l'accès à la culture pour tous.
CPR