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critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

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CNL
La France, combien de divisions ?
[vendredi 19 juin 2009 - 05:00]
Relations Internationales
Couverture ouvrage
La puissance ou l'influence. La France dans le monde depuis 1958
Maurice Vaïsse
Éditeur : Fayard
649 pages / 26,60 € sur
Relations Internationales
Couverture ouvrage
Quand la France disparaît du monde
Nicolas Tenzer
Éditeur : Grasset
137 pages / 8,55 € sur
Union Européenne
Couverture ouvrage
Une présidence en crise. Les six mois qui ont bousculé l'Europe
Jean-Pierre Jouyet, Sophie Coignard
Éditeur : Albin Michel
237 pages / 15,20 € sur
Résumé : Trois ouvrages différents mais dont la confrontation livre une critique de la tradition française de puissance et des pistes sur les modalités d’influence au niveau mondial.
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Les trois livres peuvent être critiqués pour des défauts différents. Maurice Vaïsse ne traite guère de l’idée de l’émergence des puissances régionales, en ayant trop focalisé son étude sur les années 60 et sur des documents français. Le livre de Jean-Pierre Jouyet ressemble bien souvent à une démonstration politique pure, principal témoignage de l’action présidentiel. L’essai de Nicolas Tenzer, enfin, qui pourrait être alarmiste, ne parvient pas à totalement convaincre tant il demeure politiquement correct. Certaines démonstrations en deviennent d’ailleurs parfois amusantes : l’auteur ne cesse en effet de rappeler la qualité des français travaillant à l’étranger, leur motivation et leur force de travail. Les ambassadeurs rencontrés lors des ses voyages d’enquête sont formidables. L’ambition de traduire le rapport officiel en un livre court et percutant semble ainsi manquée par la volonté de Nicolas Tenzer de ne pas froisser les amis, et les membres des différents corps d’État ; au point que la seule question qui demeure alors devient la suivante : puisque tout est présenté comme formidable, pourquoi la France disparaît ? À qui en incombe la faute? La réponse inquiétante semble être celle de l’État centralisé, "le plus froid de tous les monstres froids". Cette manière de botter en touche nous semble un peu trop commode.

Malgré ces réserves, leur confrontation livre des analyses particulièrement riches et souvent convergentes. Ils montrent principalement que la diplomatie est dorénavant une négociation continue et multilatérale et que la présence de la France à tous les niveaux d’expertise y est une condition nécessaire.

Deux ouvrages – ceux qui ne sont pas universitaires – consacrent, par exemple, leurs derniers chapitres à une démonstration de la politique fiction. L’avenir radieux de la diplomatie française pour l’un et, pour l’autre, ce que pourrait être la vie en Europe sans l’Union européenne. Cette démarche est relativement nouvelle dans l’édition française. Peut-être s’agit-il d’une adaptation anglo-saxonne ? Elle démontre en tout étant de cause qu’il existe aussi des réserves d’imagination, que le rêve, l’uchronie ou les scénarios ont dorénavant voix au chapitre politique et, qu’ainsi, par différents moyens, il s’agit d’aiguiser les possibles forces françaises de proposition.

 

* À lire également sur nonfiction.fr :

- un entretien avec l'historien des relations internationales Maurice Vaïsse, par Estelle Poidevin.

- un entretien avec Guillaume Klossa, ancien conseiller de Jean-Pierre Jouyet, à propos de la présidence française du Conseil de l'Union européenne, par Nicolas Leron et Mathias Mégy.

 

- "Quelle politique du livre à l'étranger ?", par François Quinton.

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