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Critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

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"Avec la réintégration dans l’OTAN, la France apparaît plus alignée qu’avant." - Interview de Maurice Vaïsse
[jeudi 18 juin 2009 - 16:00]
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Nonfiction.fr : Comment envisagez-vous alors le poste qu’occupe Rama Yade, Secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme ?

Maurice Vaïsse : Il y a probablement doublon. En choisissant une personnalité comme Bernard Kouchner qui s’est battu pour les droits de l’Homme, le droit d’ingérence, créer un poste de Secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme se justifie difficilement à mon avis.

Nonfiction.fr : En plein débat sur le retour de la France dans l’OTAN, vous n’avez pas hésité à affirmer que la France risquait de perdre l’image d’un pays autonome. Est-ce toujours votre point de vue ?

Maurice Vaïsse : Oui, bien sûr. Résister aux Américains devient plus difficile en réintégrant l’OTAN. Allons-nous encore savoir nous opposer aux décisions américaines ? Sur le plan de l’image, la France apparaît plus alignée qu’auparavant.

Nonfiction.fr : Est-ce que cette décision relève d’une évolution pragmatique de la pensée gaullienne ou est-ce que Nicolas Sarkozy s’inscrit un schéma de pensée différent?

Maurice Vaïsse : Je me pose la question mais je n’ai pas de réponse. Quand il y aura un vrai désaccord : est-ce que la tendance sera de s’aligner, ou non ? Je vois plutôt des adaptations à la marge que des révolutions.

Nonfiction.fr : Quel est le rôle d’une diplomatie nationale à l’heure de l’Europe ? Peut-on croire à une diplomatie européenne ?

Maurice Vaïsse : C’est un problème. La France est consciente qu’elle doit jouer un rôle en Europe mais est soucieuse en même temps de se différencier. C’est le débat fondamental auquel nous sommes confrontés depuis des années et que nous n’avons pas résolu.  La France n’entend pas abandonner ses prérogatives d’Etat souverain pour une Europe qui serait sans consistance ou qui l’amènerait à des compromis. Elle souhaite jouer un rôle propre. Jouer constamment entre ces deux eaux est difficile.

 

* À lire également sur nonfiction.fr :

- la critique croisé des livres de Maurice Vaïsse, La puissance ou l’influence. La France dans le monde depuis 1968 (Fayard) ; Jean-Pierre Jouyet et Sophie Coignard, Une présidence de crise. Les six mois qui ont bousculé l'Europe (Albin Michel) et Nicolas Tenzer, Quand la France disparaît du monde (Grasset), par Xavier Carpentier-Tanguy.

- un entretien avec Guillaume Klossa, ancien conseiller de Jean-Pierre Jouyet, à propos de la présidence française du Conseil de l'Union européenne, par Nicolas Leron et Mathias Mégy.

 

- "Quelle politique du livre à l'étranger ?", par François Quinton.

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4 commentaires

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britania

30/06/09 17:30
intéressant mais j'aurais bien aimé savoir son avis sur la fermeture des ambassades françaises /perte d'influence française
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divino

30/06/09 17:09
je suis assez d'accord pour la fin du secrétariat d'État, c'est bien anticipé!
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l'européen

29/06/09 13:54
des banalités?!je ne suis pas du tout d'accord, il est tombé juste sur la fin du secrétariat d'État aux droits de l'Homme. Interview très fine et très intéressante
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CPR

19/06/09 06:00
Il dit beaucoup de banalités ce brave homme

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