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Critique à nonfiction.fr

La phrase

Avec Internet, on voit ce que c'est que la société à l'état brut, sans cette petite couche qui s'appelle la civilisation, on voit ce que c'est qu'une société où il n'y a ni censure, ni tabou, ni règle que l'on s'impose à soi-même. C'est un rappel extraordinaire de la violence qu'il y a en chacun de nous.

Alain Minc  

Les idées sur le Web

Fondation Gabriel Peri
Le think tank du Parti communiste français
"Avec la réintégration dans l’OTAN, la France apparaît plus alignée qu’avant." - Interview de Maurice Vaïsse
[jeudi 18 juin 2009 - 16:00]
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Nonfiction.fr : Dans votre récent ouvrage (La puissance sans l'influence ? La France dans le monde depuis 1958, Fayard, 2009), vous insistez beaucoup sur l’héritage du général de Gaulle en matière de politique étrangère : la place de la France en Europe, les relations avec Israël, les États-Unis… Comment expliquez-vous cette continuité ? Pensez-vous que Nicolas Sarkozy s’inscrive dans une rupture ?

Maurice Vaïsse : Sous la Ve république, le rôle du général de Gaulle et la façon dont il a orienté la politique étrangère ont eu des répercussions sur les décennies suivantes. La vision du général de Gaulle s’est imposée à ses successeurs. Nicolas Sarkozy a annoncé la rupture. Il a beaucoup insisté sur ce point. Il l’a fait par nécessité tactique. Sa politique devait se différencier de celle de Jacques Chirac. Faisant partie de la même formation politique, il voulait prouver qu’il apportait quelque chose de nouveau. Ce discours se reflète dans certains positionnements.

Par exemple, les relations avec Israël. Jacques Chirac était extrêmement lié avec les Palestiniens. Six mois après son accession au pouvoir, Nicolas Sarkozy entame une visite officielle en Israël.  Le retour de la France dans l’OTAN participe aussi de cette "rupture" même si cette intégration s’est faite de façon progressive depuis 1995. Avec Nicolas Sarkozy, il y a donc un mélange de continuité et une volonté de rupture quelque fois exagérée pour des besoins déclaratoires ou des nécessités de médiatisation. Il faut envisager le moyen terme pour évaluer une rupture. À ce stade, parlons plutôt d’inflexion.



Nonfiction.fr : Est-ce qu’il y a continuité avec le général de Gaulle dans le sens où la politique étrangère se fait  essentiellement à l’Elysée ?

Maurice Vaïsse : Plus on avance dans le temps, plus il devient très clair que, pour les présidents de la Ve République, le ministre des Affaires étrangères, c’est eux. Ils concentrent les grands choix de politique étrangère en laissant au Quai d’Orsay la gestion quotidienne. De ce point de vue, on peut parler de continuité entre le général de Gaulle et Nicolas Sarkozy même s’il est difficile de comparer deux présidences aussi éloignées.


Nonfiction.fr : Peut-on considérer que le discours gaullien n’est plus en phase avec les nouvelles réalités internationales et le statut de la France ?

Maurice Vaïsse : Le monde a changé depuis le général. On était au temps de la colonisation et de la décolonisation, de la guerre froide. Les choix de politique étrangère se font par rapport à ce qui s’est passé avant. Quand le général arrive au pouvoir, il prend des positions volontairement contradictoires avec celles qu’avaient prises la IVe république. Il accentue le discours d’indépendance nationale.  Nicolas Sarkozy a pour objectif manifeste de redresser une situation difficile entre la France et les Etats-Unis alors que Jacques Chirac avait témoigné d’une grande distance vis-à-vis des Américains. En 2003-2004, on a vécu probablement la crise la plus importante entre Paris et Washington depuis 1956. Il ne  s’agit plus forcément d’agiter le drapeau de l’indépendance nationale. L’idée d’avoir sa propre politique existe toujours, mais on ne met plus cette volonté en avant de la même façon.

 

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4 commentaires

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britania

30/06/09 17:30
intéressant mais j'aurais bien aimé savoir son avis sur la fermeture des ambassades françaises /perte d'influence française
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divino

30/06/09 17:09
je suis assez d'accord pour la fin du secrétariat d'État, c'est bien anticipé!
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l'européen

29/06/09 13:54
des banalités?!je ne suis pas du tout d'accord, il est tombé juste sur la fin du secrétariat d'État aux droits de l'Homme. Interview très fine et très intéressante
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CPR

19/06/09 06:00
Il dit beaucoup de banalités ce brave homme

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