On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.
L'équation de la réussite
Brigitte Méra ne prétend pas livrer, grâce à Balzac, un programme clé-en-main de la réussite professionnelle. Au contraire : parvenir n'est pas donné à tout le monde et n'est pas une sinécure. On s'en douterait, le secret de l'alchimie Rastignac réside autant dans le travail que dans la volonté. Un provincial aux dents longues aussi à l'aise dans une piteuse pension de famille que dans les riches salons du baron de Nucingen doit étudier et assimiler les codes des deux univers afin de passer son "brevet de conquête sociale".
La réussite serait donc avant tout l'addition fructueuse du savoir, du travail, de l'expérience, de l'élégance et de la chance. Il importe donc de travailler sans relâche pour accroître sa culture, développer son savoir-faire (et son faire-savoir, c'est pourquoi un chapitre entier est consacré à la communication) ainsi que sa capacité à "se fondre dans le moule" pour mieux développer ses réseaux et sa popularité. Selon Brigitte Méra, c'est donc le travail sur soi qui est à l'origine du succès, comme si une victoire sur soi-même précédait nécessairement une victoire sur le monde. A méditer.
Enfin, ce livre plein d'humour dégage une philosophie étonnamment applicable à notre époque. Cela tout simplement parce que Balzac est un génie pour notre temps : humaniste épris de liberté et de justice, et en même temps sociologue rigoureux, soucieux d'instaurer autant que possible un équilibre entre la réussite individuelle et la justice sociale
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