On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

En rédigeant La dérive idéologique de la psychiatrie, Olivier Labouret, psychiatre à Auch, engage résolument ses convictions politiques. Loin d’établir un simple constat de la crise traversée par la psychiatrie contemporaine et de la réduire à un manque de moyens matériels, Olivier Labouret croise diverses explications causales, dont l’entrelacs conduit, d’après lui, à comprendre les "déviances" d’une psychiatrie menacée en effet par la marchandisation capitaliste.
Renouant avec des analyses devenues "classiques" (celles de Michel Foucault, parmi d’autres), O. Labouret dénonce les procédures de normalisation qui infiltrent la psychiatrie actuelle, "sommée" par le pouvoir politique en place de légitimer l’exclusion sociale.
D’où procède la quadruple dérive idéologique de la psychiatrie ? Selon Olivier Labouret, la psychologisation des conflits sociaux renforce la culpabilité de l’individu, jugé dans tous les cas responsable de ses troubles psychiques et de sa supposée inadaptation sociale. Et c’est à la psychiatrie que revient la charge d’inscrire dans le psychisme de chacun ce qui relève, a priori, d’anomalies socio-économiques graves. G. Canguilhem ne dénonçait-il pas, en son temps, les présupposés idéologiques de la psychologie elle-même, suspectée d’être la "meilleure des polices" dans un monde obsédé par l’objectivation, par l’évaluation et par la normalisation ?
En bref, le recours forcené à une idéologie individualiste, à une "culture du narcissisme", induit hédonisme et consumérisme généralisé (ce dont ont déjà témoigné G. Lipovetsky, R. Castel, G. Balandier etc.) et exonèrent de toute responsabilité la société capitaliste. Mais ne doit-on pas attribuer ce repli autarcique, voire dépressif, à la souffrance individuelle provoquée par l’injustice sociale ? (Christophe Dejours, Souffrance en France. La banalisation de l’injustice). Il faudrait donc substituer une psychologie concrète – selon les termes de G. Politzer - et sensible à la souffrance sociale à une psychiatrie qui refuse de prendre en compte la dimension pathogène de la société néo-libérale et qui valorise indûment l’individu "adapté", conformiste et passif et souvent porteur d’un "faux-self".
2 commentaires
Totoche
Trouble de personnalité limite (borderline): anomalie cérébrale identifiée
PsychoMédia - Publié le 10 août 2008
Un jeu sur ordinateur impliquant la confiance dans les relations pourrait servir de test pour diagnostiquer le trouble de personnalité limite (TPL) ou borderline selon des chercheurs. Dans ce jeu, les personnes atteintes du TPL présentaient des réactions distinctes et une activité du cerveau différente, ce qui fournit un nouvel éclairage sur la neurobiologie de ce trouble, considèrent les chercheurs.
Read Montague du Baylor College of Medicine (Houston), coauteur, espère que cette recherche contribuera à déstigmatiser la maladie en montrant qu'elle a une origine biologique. La maladie n'est pas considérée traditionnellement comme reliée à des problèmes organiques du cerveau, précise-t-il.
Le TPL se caractérise par un certain nombre de difficultés sociales, incluant la difficulté de contrôle de l'humeur, l'impulsivité et les difficultés de relation avec les autres.
55 personnes ayant le TPL étaient comparées à 55 personnes sans TPL dans ce jeu de confiance. Un joueur, qui tient le rôle d'un investisseur, donne une somme d'argent à un deuxième joueur, qui tient le rôle d'un banquier ou fiduciaire, pour qu'il place l'argent et le fasse fructifier. Le banquier doit décider combien il retourne à l'investisseur.
Optimalement, dans ce jeu, le banquier a un intérêt à donner une juste part à l'investisseur afin qu'il continue à investir. Si, pour une raison quelconque, le banquier déroge de ce fonctionnement, il a habituellement tendance à réparer la brèche en donnant davantage afin d'encourager des investissements plus grands.
Alors que les participants sans le trouble de personnalité fonctionnaient de cette façon, ceux atteints de TPL étaient plus susceptibles de briser la confiance et de ne pas prendre de mesure pour la ramener.
"Quand les personnes ayant le TPL jouent à ce jeu, la coopération se brise et elles ne la rétablissent pas", dit Montague. "D'une certaine façon, elles ne perçoivent pas les bons signaux", dit-il.
Des images du cerveau pendant le jeu montraient qu'une certaine région, l'insula était activée différemment chez les deux groupes de participants. Contrairement à ce qui se passait chez les personnes n'ayant pas le TPL, l'insula était activée de façon similaire chez celles atteintes de TPL qu'elles soient traitées avec équité ou pas, ce qui amène les chercheurs à conclure qu'elles ne saisissaient pas les indices sociaux de la même façon que les autres. Elles voyaient probablement tous les gestes comme menaçants et injustes", avance le chercheur qui espère que la recherche conduira à des progrès pour le diagnostic et le traitement de la maladie.
Jusqu'à un patient sur cinq interné en psychiatrie serait atteint de TPL, précise l'article. Il n'y a actuellement pas de médicament et de traitement spécifique pour ce trouble et la maladie est souvent diagnostiquée à tort comme un trouble bipolaire ou une dépression majeure précise Dr. Donald Black de l'Université de l'Iowa, commentant la recherche pour ABC News.
La recherche est publiée dans le magazine Science.
PsychoMédia avec sources:
Baylor College of medicine, communiqué
ABC News
Voyez également:
Anouchka