La phrase

Je ne crois à l'éclatement, ni de la droite, ni de la gauche, parce que le système présidentiel l'empêche. [...] Du reste, pour le moment, la droite était au bord de la guerre civile et pourtant, elle n'a pas éclaté. Maintenant, Copé et Fillon sont copains comme cochons. Pourquoi ? Parce que les règles institutionnelles les empêchent de s'entre-tuer, même chose au PS.

Jacques Julliard, entretien à  nonfiction.fr

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La parenté après Lévi-Strauss. Entretien avec Laurent Barry
[mardi 19 mai 2009 - 11:00]
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Pendant longtemps, les anthropologues furent écrasés par la puissance totalisante de la théorie de la prohibition de l’inceste et de l’obligation de l’échange de Lévi-Strauss et le domaine des études sur la parenté fut, pour ainsi dire, passé de mode. À la faveur des apports des gender studies et de découvertes récentes faites par la discipline sur toutes les aires culturelles, il est possible aujourd’hui d’envisager de nouveaux développements et de nouvelles formalisations théoriques. Laurent Barry, anthropologue et chercheur au Laboratoire d’Anthropologie Sociale du Collège de France, fait partie de ceux qui participent activement à ce mouvement. À l’occasion de la récente publication de son ouvrage chez Gallimard sobrement intitulé La parenté, il s’est entretenu avec nonfiction.fr.


nonfiction.fr : Laurent Barry bonjour et merci infiniment d’avoir répondu positivement à notre sollicitation pour cet entretien. Pour commencer notre discussion, et en guise d’entrée en matière, serait-il possible que vous nous brossiez à grands traits les étapes importantes de la recherche sur la parenté en anthropologie jusqu’à maintenant ? Où est-on finalement aujourd’hui ? Quels sont les grands débats en cours ?

Laurent Barry : Un point intéressant tient au fait que depuis quelques années la balle a changé de camp. La critique radicale et le refus des grands modèles prônés par le postructuralisme dans les années 80 ont fait place à une relative accalmie. Dans le monde anglo-saxon même, où ces études avaient fortement pâti de la déconstruction conceptuelle conduite par Rodney Needham et surtout par David Schneider, certains anthropologues s’y intéressent à nouveau, et ce, d’un point de vue théorique. Ils affirment que le concept de "parenté" n’est pas entièrement soluble dans le "genre", la "personne", etc. bref, dans tous ces thèmes qui ont émergé de la critique postructuraliste.

Dès les années 90, on constate ainsi une reviviscence des journées d’étude consacrées à la parenté, par exemple lors des grandes rencontres de l’Association américaine des anthropologues ou de l’Association européenne des anthropologues. Du côté des revues également, nous avons eu le numéro spécial de L’Homme, "Questions de parenté" en 2000 (cliquer ici), celui d’Anthropologie et Société sur les Nouvelles parentés en occident la même année (cliquer ici), ou encore la revue Incidence en 2005 qui consacra son premier numéro à la parenté vue par Schneider (cliquer ici). Des revues historiques ont aussi consacré certaines de leurs livraisons à ces questions, par exemple le très intéressant supplément au Bulletin de correspondance hellénique qu’Anne-Marie Vérilhac et Claude Vial ont publié en 1998 sur le mariage en Grèce ancienne.

Je n’oublie pas bien entendu les essais, par exemple ceux de Maurice Godelier (Métamorphoses de la parenté, Fayard, 2004 : cliquer ici), de François Héran (Figures de la parenté, 2009 : cliquer ici), de Cai Hua (PUF, 1998 : cliquer ici et 2008 : cliquer ici), de Claude Vogel (Parenté et régulation sociale, Geuthner, 2007 : cliquer ici) et je me permettrai de mentionner mon ouvrage (La parenté, Gallimard, 2008 : cliquer ici).

Comme le remarque un jeune anthropologue autrichien, Peter Schweitzer qui a dirigé un livre intitulé Dividends of Kinship. Meanings and Uses of Social Relatedness (Routledge, 2000), il y a eu plus de publications sur ce thème en quelques années qu’il n’y en eut au cours des 25 années précédentes. C’est à cette même conclusion que je parvenais d’ailleurs dans la préface du numéro spécial de L’Homme, "Questions de parenté" paru la même année.

MATHIEU FRIBAULT ET THOMAS PERROT
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