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Le président de la République a soulevé une montagne, elle retombe sur lui. En lançant l'offensive contre les Roms, le gouvernement français croyait régler à son avantage électoral un problème de simple police de frontières et de réglementation municipale. Enorme erreur. La question des Roms n'est pas de sécurité policière ou sociale, mais d'abord de sécurité mentale. 
André Glucksmann, Le Monde, 31 août 2010.

De même, l’évolution de ces formes de natalités aura nécessairement pour aboutissement, l’éclosion de différentes techniques de gestation. Il en va ainsi de l’ectogenèse, soit la fécondation extra-utérine. Ce procédé permettra le développement d’embryons puis ensuite du fœtus dans des utérus artificiels. Cette technique pourra, d’ici quelques décennies, être mise en œuvre. Ici la question des nouvelles natalités croisent opportunément la question des nouvelles parentalités. Des besoins nouveaux, d’ordre sociétaux pourraient, en effet, inciter au développement desdites techniques.
Descamps démontre que le droit positif ainsi que les positions idéologiques qui le corroborent sont blâmables en ce qu’à dessein, ils ne permettent pas de dégager des lignes de compréhension de ce que pourrait être les droits, ou pour le moins, le statut juridique de l’individu né "non-naturellement". Pour garantir les droits de ceux-ci, l’auteur propose de se détacher de la notion d’espèce humaine pour lui préférer le concept, plus constructif, d’humanité.
Bâtir l’Humanité
Que l’on ne s’y trompe pas, malgré le ton volontiers acerbe et critique, l’étude de Philippe Descamps n’est pas anti-humaniste. S’il déconstruit l’idée d’espèce humaine, c’est pour mieux défendre l’humain. Pour lui, la construction de la notion d’espèce humaine est paradoxalement une violence faite à l’Humanité. Bâtie autour de l’idée de naissance naturelle, l’espèce humaine repousse ou aura, du moins, pour effet de reléguer aux antipodes de l’humanité, tout être né de manière "non naturelle". Il serait ainsi nécessaire de remplacer la notion d’espèce humaine par un concept plus souple.
Ainsi, s’il conteste la notion de nature humaine, à aucun moment, Philippe Descamps ne nie la pertinence de la notion d’humanité. L’auteur cherche bien au contraire à placer son analyse dans le sillage des philosophes de la modernité. Il propose de définir l’humain comme étant un être de volonté, qui exprime son humanité par sa culture et son expression. En effet, il serait, selon lui, hasardeux de parler d’essence humaine car, l’humanité est un fait social. C’est pourquoi il est faux de relever, comme de nombreux auteurs tels qu’Habermas, que le clonage reproductif abolirait le hasard et toute accès à la liberté. C’est tout simplement nier l’autonomie de l’humain que d’estimer que sa volonté est l’affaire d’une rencontre de gamètes. De la sorte, il s’agirait de minimiser les références à la génétique pour définir l’Homme, avant tout comme une possibilité. À l’inverse, l’auteur retient la portée essentiellement répressive de l’utilisation du droit naturel. L’utilisation des notions d’espèce humaine ou d’ontologie humaine a pour fonction de contrôler la conformité de la conception des individus. Elles ne visent jamais à saisir ce qu’il y a de véritablement humain, chez l’individu, c'est-à-dire sa capacité à s’exprimer et à vouloir.
C’est pourquoi il serait urgent de bâtir une notion d’humanité dégagée de toute problématique liée à la conception. Fonder une véritable éthique de la naissance, capable d’expliquer ce qui se passe dans la mise au monde de la personne humaine, est, en revanche, nécessaire pour faire de chaque individu, un sujet de droit.
2 commentaires
David Olivier
«Les espèces non plus n'existent pas» (1994)
http://www.cahiers-antispecistes.org/spip.php?article81
La conclusion est simple: la notion d'espèce n'a aucun fondement théorique solide dès lors que la biologie abandonne l'essentialisme; la persistance de son emploi, et la référence fréquente qui y est dans des domaines autres que la biologie — dans l'éthique et la politique, en particulier — sont le signe de la persistance du point de vue essentialiste.
mus