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Rédacteur

Critique à nonfiction.fr

La phrase

Le président de la République a soulevé une montagne, elle retombe sur lui. En lançant l'offensive contre les Roms, le gouvernement français croyait régler à son avantage électoral un problème de simple police de frontières et de réglementation municipale. Enorme erreur. La question des Roms n'est pas de sécurité policière ou sociale, mais d'abord de sécurité mentale.

André Glucksmann, Le Monde, 31 août 2010.  

Les idées sur le Web

Institut Edgar Quinet
Un instrument de réflexion et de formation pour la gauche
Défaire la notion d’espèce humaine, bâtir le principe d’humanité
[mardi 05 mai 2009 - 05:00]
Droit
Couverture ouvrage
Le sacre de l'espèce humaine. Le Droit au risque de la bioéthique
Philippe Descamps
Éditeur : Presses universitaires de France (PUF)
448 pages / 24,70 € sur
Résumé : Démystifiant la question du clonage reproductif et des apports de la biotechnologie, l’auteur s’en prend à l’un des ultimes bastions du droit naturel.
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De même, l’évolution de ces formes de natalités aura nécessairement pour aboutissement, l’éclosion de différentes techniques de gestation. Il en va ainsi de l’ectogenèse, soit la fécondation extra-utérine. Ce procédé permettra le développement d’embryons puis ensuite du fœtus dans des utérus artificiels. Cette technique pourra, d’ici quelques décennies, être mise en œuvre. Ici la question des nouvelles natalités croisent opportunément la question des nouvelles parentalités. Des besoins nouveaux, d’ordre sociétaux pourraient, en effet, inciter au développement desdites techniques.

Descamps démontre que le droit positif ainsi que les positions idéologiques qui le corroborent sont blâmables en ce qu’à dessein, ils ne permettent pas de dégager des lignes de compréhension de ce que pourrait être les droits, ou pour le moins, le statut juridique de l’individu né "non-naturellement".  Pour garantir les droits de ceux-ci, l’auteur propose de se détacher de la notion d’espèce humaine pour lui préférer le concept, plus constructif, d’humanité.


Bâtir l’Humanité


Que l’on ne s’y trompe pas, malgré le ton volontiers acerbe et critique, l’étude de Philippe Descamps n’est pas anti-humaniste. S’il déconstruit l’idée d’espèce humaine, c’est pour mieux défendre l’humain. Pour lui, la construction de la notion d’espèce humaine est paradoxalement une violence faite à l’Humanité. Bâtie autour de l’idée de naissance naturelle, l’espèce humaine  repousse ou aura, du moins, pour effet de reléguer aux antipodes de l’humanité, tout être né de manière "non naturelle". Il serait ainsi nécessaire de remplacer la notion d’espèce humaine par un concept plus souple.

Ainsi, s’il conteste la notion de nature humaine, à aucun moment, Philippe Descamps ne nie la pertinence de la notion d’humanité. L’auteur cherche bien au contraire à placer son analyse dans le sillage des philosophes de la modernité. Il propose de définir l’humain comme étant un être de volonté, qui exprime son humanité par sa culture et son expression. En effet, il serait, selon lui, hasardeux de parler d’essence humaine car, l’humanité est un fait social. C’est pourquoi il est faux de relever, comme de nombreux auteurs tels qu’Habermas, que le clonage reproductif abolirait le hasard et toute accès à la liberté. C’est tout simplement nier l’autonomie de l’humain que d’estimer que sa volonté est l’affaire d’une rencontre de gamètes. De la sorte, il s’agirait de minimiser les références à la génétique pour définir l’Homme, avant tout comme une possibilité. À l’inverse, l’auteur retient la portée essentiellement répressive de l’utilisation du droit naturel. L’utilisation des notions d’espèce humaine ou d’ontologie humaine a pour fonction de contrôler la conformité de la conception des individus. Elles ne visent jamais à saisir ce qu’il y a de véritablement humain, chez l’individu, c'est-à-dire sa capacité à s’exprimer et à vouloir.

C’est pourquoi il serait urgent de bâtir une notion d’humanité dégagée de toute problématique liée à la conception. Fonder une véritable éthique de la naissance, capable d’expliquer ce qui se passe dans la mise au monde de la personne humaine, est, en revanche, nécessaire pour faire de chaque individu, un sujet de droit.

 

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2 commentaires

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David Olivier

12/05/09 21:23
Un peu d'autopublicité:

«Les espèces non plus n'existent pas» (1994)

http://www.cahiers-antispecistes.org/spip.php?article81

La conclusion est simple: la notion d'espèce n'a aucun fondement théorique solide dès lors que la biologie abandonne l'essentialisme; la persistance de son emploi, et la référence fréquente qui y est dans des domaines autres que la biologie — dans l'éthique et la politique, en particulier — sont le signe de la persistance du point de vue essentialiste.
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mus

08/05/09 01:05
cette thèse est nihiliste, elle nie le premier prédicat universel de toute raison : l'existence de la nature humaine, qui caractérise l'humanité. Reste à rechercher, penser, approfondir ce qu'est l'humain, et le dépasse...ect c'est une autre question. Quant à l'idée d'espèce, cela signifie qu'il y a d'autres espèces vivantes, radicalement différentes, animales, végétales, minérales , voire surnaturelles....donc même si le législateur est parfois hésitant , ou perdu cela n'autorise pas l'absurde et la dilution des concepts, sous prétexte de science à l'infini !

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