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Le président de la République a soulevé une montagne, elle retombe sur lui. En lançant l'offensive contre les Roms, le gouvernement français croyait régler à son avantage électoral un problème de simple police de frontières et de réglementation municipale. Enorme erreur. La question des Roms n'est pas de sécurité policière ou sociale, mais d'abord de sécurité mentale. 
André Glucksmann, Le Monde, 31 août 2010.

La seconde partie de l’ouvrage, consacrée aux changements en cours ou à venir, se révèle frustrante. L’auteur réussit un tour de force impressionnant. Les constats qu’il développe sont en tout point pertinents, à l’exemple de la fin de certaines médiations traditionnelles et de l’émergence de nouvelles autorités. Nicolas Vanbremeersch tempère les prophètes de l’intelligence collective mais exhorte les médias traditionnels à s’approprier les codes du web social pour assurer leur survie. Il manque pourtant un exemple de taille dans sa démonstration ; les débats du traité constitutionnel européen. Pourquoi citer avec tant d’insistance les campagnes américaines alors que la France a connu des expériences similaires et tout autant passionnantes ou intéressantes ? À croire que l’auteur refoule cet épisode, qui a profondément divisé la blogosphère comme le pays. Il n’aborderait que des sujets médiatiques consensuels : l’anecdotique tectonik, les participants méritants de Désirs d’Avenir, le bon maître Eolas, les débiles conspirationnistes et l’élection du saint Barack Obama. Tout sauf l’effervescence très particulière des mois précédant le dernier référendum. Inutile de faire un procès d’intention. La mémoire sélective de l’auteur est en cohérence avec sa démarche.
Fond et forme se rejoignent dans le projet de Nicolas Vanbremeersch, à savoir, proposer une lecture dépassionnée du web . Alors qu’Internet s’invite un peu plus chaque jour dans notre quotidien, les productions éditoriales de qualité et accessibles à tous restent rares. Le livre de Nicolas Vanbremeersch est assurément de celles-là. Cet ouvrage est un signe de maturité du débat. Prophètes et critiques peuvent être rangés au placard. Nicolas Vanbremeersch nous invite au réalisme ce qui suppose, avant tout, d’être prêt et d’être capable d’introduire de la nuance dans les tableaux que l’on peint du web. En ce sens, le livre de Nicolas Vanbremeersch marque un tournant dans l’évolution des représentations d’Internet. Il n’est pas si courant de faire avancer les choses tout en les exposant au plus grand nombre. Il y a bien un moment Versac – il suffit de reprendre un livre, lui aussi destiné à un large public, Internet l’inquiétante extase pour mesurer le chemin parcouru en quelques années. Dommage qu’il sacrifie sur l’autel du consensus un événement fondateur de la démocratie numérique française![]()
* À lire également sur nonfiction.fr :
- Nicolas Vanbremeersch, De la démocratie numérique (Seuil), par François Quinton.
2 commentaires
NV
Sinon, la conversation post-critique se poursuit ici :
http://www.meilcour.fr/le-livre/et-le-referendum.html
Netonomy