On retombe sur des structures finalement très classiques. Quand un acteur devient trop puissant ceux qui l’environnent cherche le soutien d’une puissance extérieure pour le contrebalancer. Les relations internationales restent et seront toujours mues par l’intérêt des Etats. Le pragmatisme a donc de l’avenir et la géopolitique classique, de beaux jours devant elle 
Gérard Chaliand, entretien à nonfiction.fr
Le titre est ambitieux. Tocqueville rôde. De la démocratie numérique se présenterait presque comme une traversée épique dans le nouveau territoire de ce siècle, l’Internet.
L’effet d’annonce, qui aurait pu s’avérer désastreux, s’estompe dès les premières pages. À rebours d’un grand tableau définitif ou interminable, Nicolas Vanbremeersch – alias le blogueur Versac – déploie son style limpide pour détailler au lecteur « l’anatomie » de l’espace public numérique. Le voyage qu’il nous propose est sans fioritures. Le guide est modeste, fin et direct. En sa compagnie, le lecteur explorera « les trois web » que sont le web documentaire (de Wikipedia aux sites institutionnels), le web de l’information et le web social (des blogs aux réseaux sociaux). Sa typologie pourrait faire date d’autant plus qu’il la développe avec quelques-uns des travaux sociologiques les plus intéressants à propos d’Internet . Versac parvient donc, avec une aisance confondante, à nous familiariser avec les enjeux actuels du web. Pas de jargon ou de sous-entendu pour initiés. Les fidèles lecteurs du blog versac.net y retrouveront la marque de son style. Nicolas Vanbremeersch cultive la description claire et concise. L’ouvrage se révèle être une introduction de grande qualité pour tout novice des arcanes du web social.
Cette qualité a son revers. Par intermittence, la vulgarisation tant revendiquée devient une dissertation de bon élève. L’écriture se fait scolaire, comme lorsque Nicolas Vanbremeersch plaque du Habermas pour habiller un truisme . Cette référence, à laquelle il s’oblige, le conduit à faire une impasse sur le rapport entre espace public et espace privé .
La question est simplement effleurée alors qu’elle est constitutive de nombreux débats actuels sur l’avenir de l’Internet. Notre rapport encore juvénile avec le web rend flottante la distinction de ces deux espaces. Un tel brouillard, qui pose lui aussi bien des questions démocratiques, aurait nécessité quelques lumières plus éclairantes. Malgré ces deux réserves, on retiendra de la tutelle du philosophe allemand qu’elle offre à Versac sa plus belle fulgurance : le geek est au web ce que le bourgeois est aux débuts de la presse . Hypothèse prometteuse à creuser.
2 commentaires
NV
Sinon, la conversation post-critique se poursuit ici :
http://www.meilcour.fr/le-livre/et-le-referendum.html
Netonomy