On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

En revenant à un point de vue beaucoup plus pratique, Dyson expose, dans À la recherche de la vie, un peu longuement peut-être, une technique pour tenter d’observer des traces de vie dans l’espace proche — quelques dizaines d’années-lumière —, semblable au pit-lamping, une technique permettant de chasser des animaux de nuit (il suffit de porter une lampe frontale : les yeux des animaux nocturnes, par un jeu de réflexion et de double passage à travers la cornée, renvoient un fin mais intense pinceau lumineux dans la direction d’où vient la lumière ; les yeux de l’animal, même éloigné, brillent alors très fort dans la nuit). Si une vie (végétative) veut survivre en captant la lumière du soleil à très grande distance, elle doit la concentrer par de grands réflecteurs paraboliques et le pit-lamping peut fonctionner. À grande distance, cela peut être sur Europe (un des satellites de Jupiter), dans la ceinture de Kuiper (dix fois plus éloignée), voire même dans le nuage d’Oort (constitué de blocs de glace, orbitant autour du soleil à une distance d’une dixième d’année-lumière, soit 6000 fois plus loin que la Terre). Si la vie y existe, elle peut-être facilement détectée.
Objection évidente : il y a peu de chances qu’elle soit justement là où on peut la chercher avec cette technique. Mais au moins, nous explique l’auteur, ce n’est pas cher à mettre en œuvre, et donc largement aussi intéressant que de chercher difficilement à des endroits où la vie est plus probable.
Dyson conclut d’ailleurs ce chapitre en expliquant pourquoi la vie aurait justement intérêt à ne pas se cantonner à la surface d’une planète, même hospitalière comme la Terre, mais à chercher à s’étendre dans l’espace interplanétaire, voire interstellaire. "Alors là, mon cher, vous êtes en pleine science-fiction !" dirait Gotlib. En effet : Dyson nous rappelle que science et fiction vont fort bien ensemble.
Un détour vers la théo-fiction
En citant, avec un bonheur inégal, quelques écrivains de science-fiction ou, plutôt, de "théo-fiction" , Dyson conclut sur la possibilité, pour la théologie, de se régénerer par des idées nouvelles de la cosmologie, de la biologie, de la psychopathologie. Pas inintéressant mais, comme le dit Dyson, science et religion sont complémentaires (au sens quantique) et s’excluent mutuellement de leurs champs respectifs. Les écrivains ont davantage à dire que les scientifiques sur ce sujet![]()
2 commentaires
walter
jubor
Vous appréciez la méthode analytique de l'admirable FD mais lorsque les conclusions de celle-ci collisionne vos préjugés -pardon, opinions- (sur les OGM, l'agriculture en Afrique, etc...) vous vous trouvez tout pantois...
Comme quoi, l'hérésie c'est super chouette, mais pas contre mes (bonnes, justes, fondées) idées...
>> mais l’entendre affirmer que les OGM pourront apporter la prospérité et la fin de la servitude économique aux pays africains laisse pantois...
Halala...trop hérétique ?
Au fond, Walter, qu'en savez vous au juste ? Êtes-vous suffisamment sur de votre fait pour dénier aux Africains l'accès a ces biotechnologies ?
Question : Comment fait-on lorsque les résultats d'une analyse scientifique contredit radicalement les préjugés politiques de l'époque ?
(cf Darwin au 19eme, perspectives des OGM today)
J