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Au nom de quoi devrais-je m'abstenir de penser que les oeuvres de Bach ou Mozart sont infiniment plus profondes, plus riches et plus précieuses à tous égards que le tambourin ou le flûtiau de ce que Lévi-Strauss appelle les "sociétés sauvages" ? Un tel jugement de valeur n'implique nulle xénophobie, pas davantage la moindre volonté colonisatrice ou impérialiste, simplement l'expression d'un choix dont on voit mal au nom de quelle morale débile il devrait être interdit. 

Luc Ferry, Le Figaro, le 9 février 2012.

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Classes moyennes : 50 % des Français "sous pression"
[lundi 09 mars 2009 - 13:00]

Le CREDOC publie cette semaine "Les classes moyennes sous pression", qui propose un état des lieux des conditions de vie ainsi que différentes observations sur cette population, dont l'identité demeure floue.


Nuancer le seul critère salarial

Selon l'étude, les classes moyennes représenteraient 50 % de la population, dont les revenus, avant qu'une partie ne paye les impôts, s'échelonnent entre 1 120 et 2 600 euro par mois. Mais plus que par le salaire en tant que tel, cette partie de la population se caractériserait surtout par la "marge de manœuvre" restante, une fois les dépenses incontournables  effectuées. En effet, pour une personne au revenu médian (1 467 euro), cette somme, destinée aux vacances, équipements du foyer, loisirs, voire épargne, est évaluée à 294 euro par mois. Malgré une augmentation du niveau de vie de ces familles, le rapport pointe ainsi la nécessité de se détacher de l'aspect purement statistique pour se rapprocher d'une réalité de vie qui s'avère difficile, et de la façon dont les Français la jugent.


Un fort sentiment d'appartenance... et d'abandon

Ainsi, le rapport souligne que 2 Français sur 3 considèrent faire partie de cette strate "ni pauvre ni riche", soit 1/3 de plus que les résultats établis par le CREDOC. D'après Xavier Charpentier et Véronique Langlois, auteurs de Les nerfs solides, Paroles à vif de la France moyenne, et invités de France Info ce matin, ce sentiment d'appartenance s'accompagne désormais d'une sensation d'appauvrissement et d'abandon, notamment par la classe politique. De même, la valeur "travail" chère à cette population irait en s'éteignant, dans la mesure où celle de "réussite", jusqu'alors associée, ne l'est plus systématiquement. C'est ce que confirme le rapport qui note un "éloignement de la perspective d'une ascension sociale".

Si la crise et la préoccupation du pouvoir d'achat occupent désormais le devant de la scène, Xavier Charpentier et Véronique Langlois parlent déjà d'une décennie de difficultés. Le sociologue Louis Chauvel, qui publiait en 2006 Les classes moyennes à la dérive, affirmait l'émergence de "nouvelles classes moyennes" depuis une vingtaine d'années, voyant dans ce phénomène une forte dimension générationnelle.

 

*À lire également sur nonfiction.fr :

- Camille Peugny, Le déclassement (Grasset), par Loïc Le Phuez.

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2 commentaires

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David

16/03/09 15:29
Bonjour,

J'ai trouvé un complément d'infos sur ce sujet : www.freethinking.fr/ (voir études crise et notamment pouvoir d'achat).

Merci à l'auteur pour cet éclairage.

D. Rondot
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Bernard D.

09/03/09 14:13
Un dossier détaillé est disponible sur le site du Figaro : http://www.lefigaro.fr/assets/pdf/bourse-patrimoine/etudelesclassesmoyennes.pdf

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