Rédacteur

critique à nonfiction.fr

La phrase

On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire.

Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans. 

Fondation Jean Jaurès

Fondation Jean Jaures

C N L

CNL
Donald Morrison, Antoine Compagnon : la culture française, cadavre exquis
[vendredi 27 février 2009 - 10:00]
Page  1  2  3  4 


L'université au cœur du débat

nonfiction.fr : Donald Morrison, vous pointez du doigt les lacunes du système scolaire et universitaire français comme une cause de la diminution du rayonnement culturel. Quels sont ces manques ?

Donald Morrison : Il y a beaucoup de choses qui ne vont pas dans le système éducatif français, mais il reste meilleur que celui de beaucoup d'autres pays. Ceci dit, à mon avis, la France perd une excellente occasion de former les futures générations d'artistes et d'écrivains, mais aussi de consommateurs de culture. Il pourrait y avoir plus de matières culturelles dans le cursus lycéen à la française, et cela, même Nicolas Sarkozy le dit. Le baccalauréat littéraire est déserté, et c'est regrettable, mais le plus gros problème, c'est que la France a négligé ses universités. Je ne parle pas des grandes écoles, qui se portent bien, mais des 80 autres universités de France, qui n'ont pas les moyens d'enseigner tant elles sont bondées, sous-financées, et tombent littéralement en morceaux. Pour citer le professeur Pitte, un poulet de Bresse a plus d'espace qu'un étudiant français à la Sorbonne ! Nicolas Sarkozy a dit qu'il allait donner plus d'autonomie à 18 de ces universités, mais il faudrait en donner à toutes. Pourquoi les universités ne pourraient-elles pas contrôler leurs budgets, leurs politiques d'admissions, leurs programmes, l'embauche et le licenciement de leurs professeurs ? Dans les autres pays, les universités enrichissent la vie culturelle de leurs quartiers, de leurs communautés. Elles ont des musées, des centres d'arts vivants, des stations de radio, des maisons d'édition, des chaînes de télévision, des festivals de cinéma. De plus en plus d'universités ont des programmes pour apprendre à écrire, pour les arts plastiques. La Kunstuniversität de Berlin a récemment ouvert une graduate school, et dépense des sommes folles pour former les prochains peintres et sculpteurs. En France, on a quelques conservatoires, mais ils ne sont pas tellement intégrés aux universités, et les artistes sont seuls, alors qu'à l'université ils seraient en contact qui avec des peintres, qui avec des musiciens qui les inspirent, ou avec des étudiants en littérature.


nonfiction.fr : Antoine Compagnon, vous avez travaillé à la fois à la Sorbonne et à Columbia University, New York. Quelles réflexions ces expérience vous ont-t-elle inspirées ? Comment comprenez-vous le mouvement actuel des universitaires français ?

Antoine Compagnon : Je suis pour que les universités soient plus autonomes, certes, mais je suis réticent à l’égard de l’autonomie à la française qui leur a été donnée, parce que c’est une autonomie dans laquelle on donne d’emblée beaucoup de pouvoir au président d’université, qui n’a pas nécessairement l’autorité qui fonde ce pouvoir. En dehors de la France, l’université repose davantage sur un jeu de pouvoirs et de contre-pouvoirs, et cela me semble sain. La gouvernance des universités américaines est beaucoup plus collégiale par exemple. Les pouvoirs que l’on donne au président de l’université française aujourd’hui, ce sont des pouvoirs qu’ont 4 ou 5 personnes dans l’université américaine. Les président de l’université, par exemple, ne devrait pas être le président du conseil d’administration. Le conseil d'administration devrait pouvoir le démettre en cours de mandat si besoin est. Je crois qu’il y a beaucoup à apprendre des modèles étrangers sur la gouvernance des universités. Je suis aussi favorable à la sélection à l’université, une sélection avec, bien sûr, une place pour chacun quelque part. L’absence de sélection en France coûte très cher à ceux qui font des études, avec des taux d’échec monstrueux, mais aussi à la collectivité. De la même façon, je suis favorable à un système d'études payantes, avec des bourses en fonction des revenus de chacun. Enfin, il me semble qu'il faudrait que les universités françaises soient mieux intégrées dans la scène académique globale. Je suis favorable aux objectifs des réformes annoncées actuellement , y compris en ce qui concerne le décret sur le statut des enseignants-chercheurs, mais je comprends pourquoi les universitaires sont inquiets de la manière dont cette autonomie va procéder pratiquement.

Page  1  2  3  4 
Commenter Envoyer à un ami imprimer Charte déontologique / Disclaimer digg delicious Creative Commons Licence Logo

1 commentaire

Avatar

tonton flingueur

26/08/11 23:42
Bonjour,

Je remarque que les auteurs de l'article sur la mort de la culture française sont :

1/ pro libéral c'est à dire pour l'esclavage par l'argent, le marché, les banques, les industries, bref le pouvoir aux riches

2/ la culture s'achète et se vend, c'est là la seule chose qui les attire car c'est la seule chose que la caste des riches savent faire: la sensibilité est fortement réduite chez ses gens là car le fait de compter sans cesse réduit justement celle-ci

3/ n'a pas compris qu'une des valeurs fondamentale de la culture française c'est la liberté donc d'emmerder le monde bête et orienté monnaie de singe qu'est le modèle de pensée de l'inquisition matérialiste US.

Que le reste du monde suive comme un petit chien bien dressé le modèle US car il est fondé sur la bêtise et le chantage militaire et la force cela démontre que le monde est remplie de lâches et de gens peu fin intellectuellement: des produits de cultures de masses.

Quand au déclin de la France, il est du simplement au fait que les politiques de gauche comme de droite ont été pro US et menées par des félons traîtres à la nation et donc à l'encontre de l'affront fait par De Gaulle au système des banques US et de nouvel ordre mondial qui c'est monté depuis de nombreuses décades. NOM qui est à l'origine de la mort de JFK car il voulait se défaire de la FED.

La France est élitiste et ne veut avoir à faire et à rendre de compte à personne car c'est ça la liberté, dehors le tout venant! Vive la culture indépendante et hors du système éducatif.

Déposez un commentaire

Pour déposer un commentaire : Cliquez ici