Politique
Petit guide de la Corruption politique
Brice de Tours
Éditeur : Seuil
Pour ce qui est de l'approche des généreux donateurs qui s'ignorent encore, une correspondance de politesse suivie d'un cocktail public et enfin d'un repas privé constituent un triptyque qui fait encore ses preuves. Chose importante : prévoir plusieurs monnaies d'échange et ne pas mégoter sur le gros rouge. D'une part, parce qu'on ne sait jamais si son interlocuteur court après une décoration ou un marché public ; d'autre part, parce qu'on court souvent avec plus de zèle quand on a un coup dans l'aile. Avant de se séparer, quel que soit l'objet du délit, on visera à se mettre d'accord sur le prix...
Dernier conseil : ne pas être effrayé par la dimension du marché. Car "une enveloppe de 10 000 euros retrouvée au domicile d'un ministre déclenche l'hystérie, mais une décision gouvernementale impliquant des mouvements de centaines de millions d'euros sera passée sous silence, ou mieux, pourra être encensée."
Que penser d'un tel livre ?
Plutôt que de s'attarder sur les croustillants détails d'une transaction entre un
venalis politicus et son corrupteur, qui fourmillent par dizaines dans ce
Petit guide de la Corruption politique, attardons-nous sur la démarche de Brice de Tours. Peu importe sa réelle identité, ce qu'il tente là est osé, ne serait-ce que parce que son nom sera forcément révélé dans quelques cercles privilégiés, et que les amis du passé auront peut-être envie de le châtier, voire de le châtrer, par exemple avec un croc de boucher.
Chacun appréciera la portée du propos, mais l'auteur lui-même répond à cette question par une pirouette en forme d'épilogue. Il conseille ainsi au
venalis politicus de "scruter les conséquences de la parution de ce livre. Si c'est un bide, se garder de toute réaction. Jamais entendu parler, jamais lu. Petit guide de quoi ?"
. Et si la presse en parle, il propose quelques phrases à adapter en fonction de sa personnalité... Mais pour ne pas être trop cynique, Brice de Tours croit bon de rappeler "ce proverbe d'une telle profondeur qu'il est sans doute chinois : "ce n'est pas parce qu'il y a un mouton noir dans le troupeau qu'il faut tondre toutes les bêtes."
Probis politicus existe, nous l'avons rencontré. Pourquoi n'y parviendriez-vous pas vous aussi ?"
1 commentaire
Français atterrés
Un livre dont le pseudonyme doit, en pays "démocratique", faire comprendre que si l'auteur EST OBLIGE d'adopter un pseudo pour révéler la vérité sur des pourris qui se jouent prudes et moralisateurs à longueur d'antenne, entre 2 affaires pénales vite étouffées... c'est que la démocratie ne fonctionne vraiment pas. Pourtant, ce sont les mêmes qui brament à la liberté d'expression, la démocratie et des droits fondamentaux.
A LIRE D'URGENCE POUR ARRETER D'ELIRE LES BRIGANTS !!!