On doit avoir très peur d'écrire. Ça n'est pas un acte naturel comme manger, ou faire l'amour. D'une certaine façon, c'est un acte contre nature. C'est dire à la nature qu'elle ne suffit pas, qu'il faut une autre réalité, l'imagination littéraire. 
Carlos Fuentes, écrivain mexicain décédé hier à l'âge de 83 ans.

Bernard Poulet en convient : personne, aujourd’hui, n’a la réponse. Constater, sans trop s’en émouvoir, l’inéluctable déclin des journaux n’interdit assurément pas de souligner la menace que ferait peser sur nos sociétés la disparition de ce qu’ils sont censés faire de meilleur : relater les faits ou les évènements de l’actualité, avec autant d’exactitude que possible, les interpréter et les commenter, le cas échéant, avec autant de sincérité que possible. Pour le faire autrement, d’autres médias le feront-ils aussi bien qu’eux ? Pourquoi ce qu’ils ont fait jadis avec Le Petit Journal et le Times, quand ils jetaient les fondations de l’information moderne, les journalistes ne le feraient-ils pas, demain, autrement mais tout aussi bien, et sans doute beaucoup mieux, avec les moyens du numérique ?
Sans tirer bien souvent les conclusions de ses observations, nombreuses, inédites, Bernard Poulet désigne cette menace, sans la nommer, qui est celle de la désinformation, au sens littéral du terme : l’information décline au profit de la rumeur, rétrécissant d’autant l’espace public, ce lieu ou l’on peut débattre, en toute sincérité, avec l’impartialité comme seule exigence, des affaires de la cité et du monde![]()
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QL